À propos de l’auteur

•juillet 28, 2009 • 51 commentaires

J’ai décidé un peu de dire qui je suis, comme ça, parce que je ne suis pas Oops ou si peu et que je reçois des mails me suppliant de ne pas mettre fin à mes jours.

Je suis un jeune gamin de 21 ans vivant dans la région de Québec. J’ai une famille bien en vie, une sœur et un frère et une multitude d’amis que je trouve brillants et que j’adore fréquenter. J’ai deux années universitaires de complétées dans un programme lié aux mathématiques et je travaille cet été à temps plein dans le domaine. J’aime de toute évidence la littérature mais aussi le sport, j’essaie lentement mais surement d’apprendre la guitare et j’ai une multitude d’autres loisirs. Je me considère profondément heureux et chanceux de vivre dans un monde avec tant de chose à découvrir et tant de personnes avec qui il fait bon tisser des liens.

N’ayant auparavant que griffonné quelques poèmes pour d’anciennes flammes (puisque je suis un espèce de romantique, je suis un archaïsme) et des écrits sur une autre plate-forme sur ma propre vie, j’avais envie d’autre chose, de voir s’il m’était possible de créer un univers, quelque chose de diamétralement opposé à ce que je suis fondamentalement. C’est ainsi que l’idée d’Oops we’re dead s’est mise à germer dans mon esprit et les quelques textes que vous avez pu lire ici sont le fruit de mes cogitations et de bons moments passés à rédiger avec plaisir. Parce qu’au final, tout ceci émane surtout de mon plaisir à écrire.

Il s’en trouvera surement plusieurs pour trouver l’entreprise fortement puérile. Je comprends très bien. Or, ces gens étaient sans doute des quelques fébriles qui lisaient ce que je publiais ici. Du point de vue du lecteur, je crois que la véracité ou non des écrits n’a aucune réelle valeur puisque le propos a selon moi autant de valeur. On y prend ce que l’on veut, tant du divertissement qu’un point de vue différent. Personne ne fut forcé à lire.

Je n’éprouve pas de scrupules quant au fait d’avoir publié ici sans distinction quelconque quant au fait qu’il s’agissait de fiction. Par la nature des récits souvent extravagants, je considérais que cela était implicitement fortement suggéré. Cependant, j’ai entretenu des rapports un peu plus près avec 2 ou 3 lecteurs qui sauront très certainement se reconnaitre et pour ceux-là, j’avoue éprouver un malaise certain quant au fait d’avoir poussé la double identité jusqu’au bout. Si aujourd’hui vous vous sentez bafoués, je m’en excuse.

De plus, le personnage de Oops a régulièrement fait l’apologie du suicide et de l’usage de drogues, tant douces que dures à des fins récréatives ou évasives. Il est très clair que pour ma part, je m’inscris en faux de tous ses propos qui d’ailleurs me furent parfois pénibles à formuler. Je crois fermement qu’il existe toujours une multitude de solutions autre que le suicide qui n’est en soi jamais une porte de sortie valable. Quant aux drogues dont j’ai parlé abondamment ici, je ne les ai jamais expérimentées mis à part la marijuana. Sans porter de jugement sur ceux qui consomment, je considère pour ma part qu’il s’agit là d’un divertissement/échappatoire trop dommageable pour que je l’intègre à ma vie.

J’ai mis fin à tout ceci par manque de temps et d’idée. De plus, je peinais à trouver une véritable ligne directrice à mes histoires, une quête réelle pour le personnage de Oops, un fil conducteur qui aurait pu servir de réel moteur à un récit éventuel. J’aurais aimé que cela devienne quelque chose qui visiblement ne semblait pas arrivé. Je ne regrette cependant pas les 115 posts passés, ils furent plaisants à écrire.

Je termine donc officiellement en souhaitant à tous une vie épanouie remplie d’accomplissements riches et d’expériences fabuleuses. Peu importe le type de vie que vous menez et les nombreuses embuches que la vie a pu mettre sur votre route, j’espère que vous saurez triompher et savourer le quotidien qui sait être si riche lorsqu’on s’y arrête quelques instants. Pour ma part, je vais ailleurs, peut-être pour créer un autre univers, voir si je peux créer d’autres choses qu’un blog ou tout simplement cesser d’écrire un moment. Demain est insaisissable, c’est là toute l’essence de la beauté de cette vie.

Au revoir à tous et encore une fois, un réel et profond merci d’avoir pris quelques minutes pour lire quoique ce soit trouvé sur ce blog.

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Début

•juillet 26, 2009 • 27 commentaires

J’ai roulé ces trois derniers jours. Je n’avais plus de drogue, j’avais tout consommé à un rythme d’enfer au camping et j’étais devenu à sec bien plus rapidement qu’escompté. J’ai donc embarqué dans ma voiture et j’ai roulé. J’ai avalé les kilomètres à un rythme effarant, longeant une multitude d’autoroutes, empruntant des routes cahoteuses, brulant des litres et des litres de gazoline.

Je roulais pour fuir je ne sais quoi, pour trouver quelque chose qui n’existe probablement pas. Je passe mon quotidien à être mal dans ma peau depuis des années, le spectre de ma mère morte me hante dans mon appartement où nous avons habité plusieurs années. Je n’ai guère de famille, encore moins d’ami, la société dans laquelle j’évolue me répugne.

Je suis mésadapté, drogué, blasé, fortement suicidaire. Chaque matin est une épreuve qui est de plus en plus ardue à affronter. Je déteste mon boulot que je trouve merdique, je déteste ma personne, ce que je suis devenu. Les années passent et j’ai l’impression que j’ai de moins en moins d’issue, je vois quantité de portes se refermer devant moi à chaque jour qui passe.

Je filais à vive allure dans Charlevoix, regardant les paysages, constatant froidement la solitude immensément profonde dans laquelle je suis plongé depuis de nombreuses années.

La dernière semaine m’a appris de nombreuses choses. Malgré tous mes efforts, malgré le peu de bonne foi que j’ai encore la force de me trouver, il m’est impossible d’interagir, de m’intéresser à autrui. Les fardeaux liés à mon existence sont si multiples que je n’arrive pas à m’entrevoir en train de poursuivre la vie que je mène ici.

Ce matin, samedi le 25 juillet, j’ai donc pris une décision. Je pars, je quitte tout, ce monde sombre dans lequel je me suis empêtré, tout ces souvenirs morbides, ces lieux où ma mère a agonisé à la fin de sa vie, cet antre qui abrita dans les cinq dernières années toute ma saleté, cet antre de ma débauche en tant qu’être humain.

Je laisse quasiment tout derrière moi. J’ai amené tous mes vêtements dans ma voiture, j’ai retiré d’importantes sommes d’argent de mon compte, plein de billets que j’ai entassés dans mon coffre à gant. Je n’amène aucun de mes livres, désireux de vraiment tout quitter de ce monde.

Je n’ai pas averti ma propriétaire ni mon employeur, sans doute les deux seuls êtres humains avec qui j’ai un lien quelconque. Je pars sans laisser de trace si ce n’est que ce blogue, je ne laisserai personne dans le deuil.

J’ignore où mon périple me mènera. Je quitte vers le Sud, je roulerai à m’en déchirer l’âme, je pleurerai sans doute pour la première fois depuis des années, depuis le décès de ma mère. J’ai cette lourdeur en moi qui m’empêche de vivre et dont je me sens le besoin d’évacuer. Je crois qu’il s’agit là du seul moyen pour arriver à me bâtir une vie qui me semblera en valoir la peine.

Je n’écrirai plus ici, je n’écrirai peut-être plus jamais en fait. Cet espace aura été catharsique bien qu’éphémère. Je voudrais remercier sincèrement, honnêtement, tous ceux qui prirent le temps de lire un peu les tourments de mon âme. Tous autant que vous ayez pu être, merci infiniment.

Je termine donc, j’ai les mains qui tremblent, la gorge nouée, je suis profondément exténué. J’ai commencé en écrivant qu’il s’agissait de la fin. J’espère vraiment que ce que je fais aujourd’hui sera un début, celui de quelque chose de grandiose.

Adieu,

Oops.

Fragile sérénité

•juillet 22, 2009 • 6 commentaires

Le camping est tranquille, j’ai l’impression d’avoir déclenché un engrenage qui ne demandait qu’une poussée et que quelque chose va exploser quelque part. Un genre d’effet papillon. L’effet pearl shot, une goutte de sperme de plus qui crée un tsunami au bout de la chaîne.

Mon œil tantôt mauve est désormais verdâtre foncé, je sais plus ou moins comment traiter la chose et combien de temps cela durera. Idéalement, la majeure partie de tout ça sera effacée à la fin de mes vacances dans une dizaine de jours (déjà…).

Je n’ai pas rencontré Pierre ni Michèle ni aucun des hippies et j’en suis fort aise si je veux être honnête avec vous. Faut dire que mis à part une rapide escapade au café internet ce matin et en ce moment, je suis principalement resté dans mon coin de tente à lire. La seule personne que j’ai réellement croisée, c’est la mère monoparentale qui est là avec ses deux enfants et qui lit du Heller. On a encore eu une discussion sympa, c’est de loin la personne la plus sensée ici.

Autrement, j’ai savouré les quelques éclaircies, la chaleur du soleil sur ma peau trop blanche, la caresse d’une brise, sa mélodie magnifique lorsqu’elle se prend à valser avec le feuillage. Un petit écureuil a passé plusieurs minutes à me regarder, l’air intrigué. Des oiseaux ont entonné un hymne cristallin absolument splendide. L’air est bon, je le goûte à coups de grandes inspirations. Je suis gourmand de cet oxygène à saveur si douce et typique de la campagne.

Il me peine de penser que je devrais bientôt partir. La perspective de retourner au travail me pèse infiniment lourd, je commence de plus en plus à songer à lâcher cela, trouver une autre alternative de revenu, une autre vie. Les efforts à mettre m’effraient, les nombreux changements qui seraient nécessaires m’horripilent un peu. Je suis encrassé dans ma routine et le conservatisme tout humain m’empêche d’entrevoir la possibilité de tout chambouler.

Mais rapidement, je chasse toutes ces pensées. Le futur me semble bien trop sombre pour gâcher pareil moment. Car même si j’ai foiré hier, que j’ai probablement mis en rogne une shitload de ponchos et que ma tête est peut-être mise à prix, il n’en demeure pas moins qu’ici, je me sens bien mieux que partout ailleurs que j’ai pu connaitre.

Anicroche poche

•juillet 22, 2009 • 5 commentaires

J’arrive donc sur place, chez le groupuscule que j’ai étiqueté les « hippies », où l’on m’attend en grand nombre. Apparemment, la rumeur d’un arrivage frais et massif de marijuana excitait la foule qui s’était massée dans une vieille tente-roulotte légèrement nauséabonde. Sur une vieille chaine stéréo joue du Pink Floyd, Rush et Supertramp. Je suis agréablement surpris, moi qui m’étais préparé à écouter du Harmonium et du beau Dommage toute la soirée.

Du rosbeef a été fait pour souper, je ne peux m’empêcher de remarquer au passage qu’il semble avoir été lardé par un tabarnac de quadriplégique. Les 4 litres de vin coulent à flots, je suis nourri gratuitement, me gavant sans vergogne ni pudeur. Les grandes journées à l’air pur me creusent l’appétit et mes petits repas de camping ne me sustentent que minimalement.

Puis, l’heure venue, tel le plus psychédélique des prestidigitateurs, je sors un sept de weed de ma poche dans un geste tant théâtral que magistral. On s’attroupe autour de ma personne, on dirait un groupe de filles hystériques affluant vers un phallus dans un bar de danseurs. Je m’installe ensuite à table pour rouler nonchalamment quelques joints que je distribuerai par la suite dans toute la bonté qui est mienne (yeah right).

Les hippies parlent de leurs jeunesses, la frénésie des années 70, l’ère pré-référendaire remplie d’espoir, la grande déprime collective suivant l’échec de Ti-Pwel. Pierre, veston brun et manière féminine, dit appréhender le fait de fumer, il a peur de badtripper. Michèle, sa femme, bouge quant à elle frénétiquement d’excitation. Les autres m’observent, le sourire en coin, content que Michael, jeune auteur dans la mi-vingtaine leur amène pareille manne.

Après une dizaine de minutes, j’ai 4 gros joints, compacts et parfaitement cylindriques que je distribue parmi l’assemblée. « Prenez et fumez en tous, ceci est mon herbe livrée pour vous ».

J’allume donc les pétards qu’on tend à moi, complétant ainsi la distribution quasi eucharistique et on se met à siphonner à pleins poumons dans la tente roulotte. Ils sont drôles à voir aller ces quinquagénaires, à aspirer en se plissant les yeux et à se passer les joints avec toutes les misères du monde. J’ai l’impression que Pierre va cracher son diaphragme à tout moment, il tousse tellement que ses couilles doivent flirter avec son intestin grêle. Michèle quant à elle fait flèche de tout bois, interceptant tous les joints et inhalant à grandes pompées.

L’ambiance est paisible, les joints finissent calmement d’être consommés et quelqu’un a décidé de faire jouer l’album In the Court of the Crimson King. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je parle politique avec un mec aux cheveux longs et aux lunettes rondes. On parle des tribuns souverainistes, je suis un partisan de Bourgeault tandis qu’il ne jure que par Lévesque. Quant à moi, Bouchard est même en avant de René, qui lui devance Claude Charron. J’dis ça de même. Puis on parle musique, littérature, philosophie. Je me sens volubile, allumé, cultivé, et je réussis même tant bien que mal à ne pas être condescendant. Oui oui.

Je sors mon hash ainsi que ma pipe favorite. Je m’allume et partage auprès des quelques personnes avec qui je discute dont Michèle qui est collée à moi, buvant mes paroles comme la plote à écrivain qu’elle semble être. Si elle savait que je ne suis que vulgaire boucher haha.

Tout le monde est gelé, l’herbe est pas mal plus forte qu’à l’époque où il était trendy de porter le veston carreauté et la moustache. Il fait désormais nuit noire dehors, les lumières à l’intérieur ont été tamisées, un bon groupe est attroupé auprès d’un feu à l’extérieur tandis que d’autres jouent une partie de Risk. Les gens sont drogués et affairés de sorte que lentement, je me retrouve isolé avec seulement Michèle sur le futon puant qui meuble le salon/cuisine de la roulotte.

Je suis dans le plus fort de ma soirée, au peak artificiel que m’offre le THC. Les cris des joueurs de Risk me semblent très lointains tandis que je distingue clairement ce que je crois être une pièce d’Emerson Lake and Palmer. Je parle peu et est concentré sur mon buzz, trop focussé pour m’offusquer ou même réaliser que la vieille Michèle me dévisage sauvagement.

Puis, je sens définitivement une main remonter le long de ma cuisse. La main droite over-ringé de Michou se faufile furtivement le long du fleuve de mon quadriceps à l’ambitieuse recherche de sa source toute phallique. Je ne fais rien, dodelinant plutôt de la tête de fatigue, sans l’ombre d’une érection pour venir tendre mon caleçon.

Malgré tout, Michèle est décidée. Sans trop que je ne le sache, ma ceinture se retrouve détachée et ma braguette ouverte. Sa main est sous mon boxer et tâtonne mon membre plus mou que les ardeurs souverainistes de Mario Dumont en 1995. J’ignore sincèrement combien de temps cela dura. Peut-être 1 minute, peut-être cinq. Ce que je sais très bien cependant, c’est que le tout se termina par l’arrivée en trombe de mon Pierre, le ton rageur et la figure empourprée. Alors même que sa compagne me tâtait toujours le prépuce, sa jointure est venue choir avec force sur mon visage.

Sursaut, infusion d’adrénaline, confusion. Je n’ai guère le temps de réagir que je reçois un deuxième coup en pleine tronche. Me protégeant foetalement, je réussis tant bien que mal à remonter ma fermeture éclair et à partir sans demander mon reste, toujours un peu déconfit de tant d’événements soudains.

Je regagne ma tente, hébété, un peu nerveux à l’idée de voir Pete le violent surgir à tout moment.  Incapable de dormir, je vais marcher, m’éloignant stratégiquement de mon lieu d’habitation. J’ai la mâchoire qui élance, l’œil droit qui a de la difficulté à ouvrir. Je savais d’avance que j’aurais une sale gueule ce matin.

Finalement, j’arrive à manger sans grande peine, j’ai une ecchymose sur la joue et définitivement un œil au beurre noir. Mais bien plus que les séquelles esthétiques, je sens que cela risque de ruiner un peu mon séjour. C’est sur qu’à l’heure où j’écris, la moitié du camping doit être au fait de l’incident. Et si Michèle doit passer pour une sacrament de pute, je cerne plus ou moins comment je suis perçu. Toujours est-il que la section du nord-ouest du Camping est désormais un no go. Mon objectif de faire l’unanimité parmi les merdeux est désormais compromis.

Calisse. J’ai toujours l’impression que ça ne peut qu’arriver à moi ces crisses de marde là.

J’aime les gens!!!

•juillet 21, 2009 • 5 commentaires

Je suis sociable, ça m’arrive quand je suis saoul en permanence. Je suis fort volubile, je parle à quiconque, m’épivardant à tout vent, racontant à quiconque une fausse vie pour divertir tant mon interlocuteur que ma triste personne.

Je discute donc avec tout plein de gens, on m’offre de la bière que j’ingurgite à un rythme effarant, je crois que je fais figure de spécimen particulier dans la communauté tristement homogène des saisonniers. On veut savoir qui je suis, intrigué qu’un gamin de mon âge vienne passer une semaine, seul dans une tente.

Je découvre des énergumènes intenses, des mystérieux renfrognés, des extraverties pétasses et des crasseux finis. Je sonde rapidement ce nouvel univers, souhaitant obtenir l’hégémonie silencieuse sur l’entièreté de la populace, le contrôle subtil par la connaissance de leurs viscéralités.

Il y a des gens qui semblent suffisamment d’intérêt pour piquer ma curiosité. Ainsi, il y a une mère monoparentale, début trentaine, style simple et grâce subtile, qui lisait Catch 22 de Heller sur une chaise longue. J’ai conversé avec elle plusieurs minutes, il s’agit peut-être de la personne la plus sensée de la place.

Il y a aussi un espèce de groupuscule hippie qui est regroupé dans l’aile nord-ouest du camping. L’un d’eux m’a demandé si j’avais du pot à vendre, je m’en vais souper et passer la soirée là tout à l’heure, je compte bien passer mon stock de hash pour la semaine et quantité de weed, ça risque d’être fort rigolo.

Sinon, ça va dans la civilisation aseptisée?

Ardue sélection

•juillet 21, 2009 • 5 commentaires

Depuis que j’ai des vacances dans ma vie, mon principal point de tergiversation quant à celles-ci réside dans ma sélection de lectures. C’est qu’il faut choisir les bons volumes, ceux qui conviennent à la situation, sauront tirer le mieux profit de cette période faste en détente.

Ainsi, avant de partir de chez moi, j’ai scruté attentivement mes bibliothèques parmi mes livres déjà lus et ceux qui attendent patiemment d’être cueillis puis dévorés par mes yeux avides. Il serait facile de tourner au ridicule mon côté méticuleux par rapport à la chose, mes c’est vraiment l’assise de mes vacances.

J’ai pensé me retaper Infinite Jest, fresque tourmenté d’un Wallace qui nous quitta si abruptement. Le problème, c’est qu’un bouquin aussi long et lourd hypothèque beaucoup de ressources vacancières et me priverait égoïstement de la joie que je souhaite multiplié qu’est celle de terminer un bouquin, le fermer tranquillement et me perdre durant des minutes, songeur, enivré du récit qui vient de me parcourir bien plus que moi j’ai pu le parcourir.

J’ai pensé lire un peu de Michel Tremblay, question de lire du joual et de virer en tabarnac. Mais voilà, il ne faut pas transgresser la limite et tomber dans le désagréable, il s’agit là aussi d’une contrainte primordiale à un choix judicieux. Exit le Tremblay donc. Il faut sortir de nos sentiers battus mais pouvoir rester dans un esprit d’ouverture serein.

J’ai pensé lire Lolita de Nabokov, mais il y a de ces livres qui se doivent être savourés plutôt que dévorés. Les ressources littéraires riches étant denrée rare, il faut parfois faire preuve de parcimonie et restreindre sa hâte, avec toute la difficulté inhérente à cela.

Voyez-vous mes nombreux dilemmes jeunes gens? Je suis maladif dans mes décisions à cet égard, c’est mon plaisir le plus pur, le seul que je n’ai guère souillé jusqu’à présent dans ma vie.

Finalement, j’ai jeté mon dévolu sur 9 livres que je prévois lire durant les deux semaines à venir. Une neuvaine littéraire où se côtoieront classiques dont je me suis déjà délectés et nouveautés qui j’espère m’enchanteront. Un pèlerinage tout textuel pour faire le plein.

Voilà ici la liste, pour la pérennité, la mienne, la seule qui me soit importante :

–          Nine Stories, J.D. Salinger

–          La vierge froide et autres racontars, Jorn Riel

–          The Inheritors, William Golding

–          The Prince , Nicolas Machiavel

–          Player Piano, Kurt Vonnegut

–          Les mots, Jean-Paul Sartre

–          Le pendule de Foucault, Umberto Eco

–          Snuff, Chuck Palahniuk

–          High Fidelity, Nick Hornby

Et peut-être, comme ça, si j’ai le temps, un Dompierre ou un Bourguignon, parce que je suis de même.

Le campeur

•juillet 20, 2009 • 4 commentaires

Le campeur moyen, celui qui arrive à la fin du printemps et s’incruste jusqu’au début de l’automne, le saisonnier, est rarement un humain de qualité, cela dit en tout respect, évidemment.

Rarement athlétique, peu chevelu, tout en ventre, les campeurs invétérés n’ont que faire de l’esthétisme et tous ces concepts résolument trop contemporains. La gestion capillaire et la musique que l’on retrouve dans des campings ont en commun qu’ils proviennent tous deux de la même époque, celle des beaux jours de Nana Mouskouri.

Le campeur saisonnier vit habituellement dans un wanabago beige. On reconnait les séniors de la merdicité campingnesque à la complexité de leur aménagement paysager. En effet, plusieurs trouvent la motivation nécessaire pour parfaire leurs entrées de multitudes de fleurs, dalles et autres cochonneries.

La journée typique de ces êtres trompant quotidiennement les prétentions de Darwin est des plus remplies. Levés en matinée, ils parcourent le Journal de Montréal en se gavant d’un déjeuner tout en gras. Après coup, ils végètent quelque peu, parlent de sujets anodins (lire tristement banaux) avec leurs comparses et voisins depuis des années. On se gargarise quotidiennement des mêmes anecdotes de moteurs de bateau qui calent, de Noël de campeurs et de la salope qui sert de progéniture au proprio de la place.

Le campeur moyen traine souvent ses enfants avec lui durant l’été. Trop occupé à boire sa Wildcat, il laisse ses kids circuler librement sur le camping où ils se feront immanquablement de nouveaux amis eux aussi orphelins circonstanciels because le breuvage du chat sauvage. C’est souvent lors de ces étés que ces enfants malchanceux vivront leurs premières expériences sexuelles, s’exhibant collectivement le pénis ou jouant à la bouteille.

La journée passe lentement pour ces piètres genses. Mais ils font comme s’ils ne s’en rendaient pas compte, répétant inlassablement « kon é tu ben dans la nature hein tabarnac? ». Une fois le souper venu, il faut absolument qu’ils cuisinent sur le BBQ. Ils font cuire leurs sacrament de salades sur le barbecue. Puis ils écoutent Sucré Salé en riant grassement, satisfait de la journée remplie qu’ils ont passée.

Le soir, ils jouent aux cartes tandis que leurs gamins de 14 ans se saoulent avec de l’alcool volé sans vergogne se crossant mutuellement dans la noirceur convenue de la salle de cinéma sentant le renfermé. Finalement, tous se coucheront, le sourire un peu niais et l’esprit béatement vide.