Premier essai et 60 verges à franchir

Je sortais peu à peu de mon trou, je pansais mes plaies, j’arrivais à respirer un peu mieux. Au boulot, je m’appliquais, conscient que chaque chance que la vie nous offre est éphémère. Mes collègues de travail me considéraient surement comme un solitaire, un renfrogné, des étiquettes qui me furent accolées tout le long de ma vie. Moi, je faisais ce pour quoi on me payait, je recevais mon chèque le jeudi, je fermais ma criss de gueule.

Puis un soir, il pleut en abondance, je suis à pied. Jean-Simon, le caissier qui travaillait ce soir-là m’offre un lift à bord de sa Sunfire. Bien que sa présence m’exaspère grandement, elle ne m’indispose pas autant que le fait d’avoir à marcher 15 minutes sous la pluie. J’accepte donc.

Une fois en route, il sort un joint de son coffre à gants, l’allume, me l’offre. Je n’ai jamais rien fumé de ma vie jusqu’alors, pas même la moindre cigarette. Mais voilà, je me sens mal de refuser alors même qu’il est en train de me rendre service. Et puis, honnêtement, je suis curieux. Je tire comme un demeuré, j’envoie tout dans mes poumons, je me meurs. Aussi simple que ça.

Je tousse et retousse, je sens ma gorge s’embraser. Alors qu’au début je produisais un bruit rauque, j’en suis plutôt rendu à projeter salement un espace de raclement doublé du bruit caractéristique d’un fond de morve guttural qui veut remonter.

Je finis par reprendre mon souffle et mes esprits, J-S se marre bien, je suis le dindon semi-consentant de la farce. En chemin, je réessaie d’inhaler à quelques reprises avec un succès très mitigé. Arrivé chez moi, je le remercie et je quitte la voiture sans demander mon reste.

Je me couche, pas le moindre feeling.

J’étais somme toute déçu. J’étais tranquille à la maison, j’avais des attentes basées sur tant d’anecdotes entendues nonchalamment dans la salle des employés et j’étais tout à fait normal. J’étais vraiment désappointé, tellement que je me promis qu’avant longtemps, je percerais le mystère de la marijuana.

Une semaine plus tard, j’achetais le plus léger gramme de ma vie pour un mirobolant 20 dollars. On profitait de ma crédulité, je ne le saurais que plus tard. Et malgré tout, avec du recul, il s’agit peut-être là du meilleur investissement que je fis.

J’avais donc un gramme de pot, une pipe crasseuse argentée et fuyante prêtée par J-S, et une soirée de congé seul chez moi.

Cette fois, j’ai eu un ostie de feeling.

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~ par oopsweredead sur mars 9, 2009.

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