Touchdown

J’avais la ferme intention d’être gelé cette soirée-là, savoir de quoi il s’agissait, ce qu’il en retournait, comprendre la fascination générale. J’avais en tête de fumer le gramme entier, espérant que ça serait suffisant.

Je me suis donc installé sous la hotte du four, sorti mon briquet Bic fraichement acheté, et j’ai attisé l’amas de weed que j’avais inséré dans la pipe la plus mal famée qui fut. La grille était visiblement obstruée, je sentais une fuite d’air béante, mais je n’abandonnais pas. J’aspirais de toutes mes forces, à m’en fouler les poumons. Et je réussissais à retenir quelques volutes que je prenais le temps de digérer.

Puis j’ai rempli à nouveau mon bucket lorsque ma cotte fut terminée. Trois quatre fois. J’achevais mon pot, je n’avais pas trop de buzz encore, si ce n’est qu’un léger mal à la tête. Je prends donc une pause et je vais m’étendre sur mon divan.

Tout à coup, je sens mon cœur battre particulièrement fort. Je ressens ses pulsations, je sens mes orteils qui reçoivent les afflux de sang. Je me sens particulièrement détendu, j’ai la bouche un peu pâteuse. Je me ronge les ongles, le cliquetis de ces derniers contre mes dents est hypnotisant, je me sens investis d’une mission.

J’ai le gout d’entendre de la musique. Je prends le premier CD à ma portée, Sergeant Pepper’s des Beatles, et je l’insère dans mon petit stéréo. Le bruit ambiant de foule se fait entendre, puis la guitare électrique scinde l’air en deux. Je suis transporté. Il y a quelque chose d’indéfinissable, de poignant, la musique me transcende. Les instruments à vent me font vibrer, je ferme les yeux sans m’en rendre trop compte. Lentement, je deviens la musique.

Je me recouche sur mon divan. J’ai de la difficulté à me rappeler le volume auquel j’ai mis la radio et j’ai de la difficulté à évaluer la force du signal. Je sens mes sens altérés. Je ne suis pas en parfait contrôle. J’adooore ça.

Pour la première fois depuis longtemps, je suis réellement sans soucis. Je me sens entièrement bien, paisible. J’écoute Lovely Rita en me frottant les dents supérieures contre les inférieures. Le frottement de leurs émailles mutuels me fait capoter.

J’ai soudainement une faim des plus vives qui me transperce. Comme ça, sans avertissement. Je me fais cuire une crème de champignon, l’odeur est absolument fabuleuse. Je la mange avec un appétit quasi vulgaire, rarement me suis-je autant régalé. Il y avait quelque chose d’indescriptible dans la texture, dans le goût, un élément insaisissable qui me séduisait le palais avec une virulence folle.

Repu, je vais finalement me coucher. Ce serait une nuit sans rêve, merveilleuse. Seraient rares ensuite les journées que je passerais ajunt.

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~ par oopsweredead sur mars 10, 2009.

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