High

Il me restait un vieux fond de weed sec, vous savez, un petit gramme oublié dans un immense sac dans une obscure poche de votre manteau d’hiver. Il reste là, résidu abandonné d’une soirée quelconque où il ne fut pas requis. Il y reste et patiente en s’asséchant lentement.

Je suis tombé dessus en fouillant un peu partout dans mon manteau pour trouver mes cigarettes que je n’ai finalement pas retrouvées. Depuis un moment j’ai tendance à les égarer, ça irrite.

Toujours est-il que je mets la main sur ce vieux gramme ultimement sec et me promets de m’ouvrir un peu l’appétit avant d’aller au lit. Mais voilà, j’ai perdu ma dernière pipe il y a pas longtemps et le matos est way trop sec pour me rouler un petit pécaud casanier. J’appelle donc une plaie de la job afin d’aller tirer un coup ou deux chez lui avec son équipement. Il accepte, tout baigne, je me rends chez lui.

On se met rapidement à l’œuvre. Il ajoute une bonne dose de mari à la mienne et on se retrouve à tirer comme des déchainés pendant un bon moment. J’ai bien dû m’étouffer à 9000 reprises. Résultat : je suis bien plus éclaté que je l’escomptais à prime abord.

Je suis sur un trip physique, je n’ai pas souvenir que ça me soit jamais autant arrivé en fumant du pot. Je sens mes tempes vaciller sous l’assaut sanguin répété de mon cœur qui bat la criss de chamade. Étrangement, j’ai l’impression que mes deux palettes poussent vers l’avant. J’ai les lèvres sèches, elles saignent, le sang est foutrement gouteux, I’m fucking high.

J’ai le feeling que je ne devrais pas prendre le volant. Je demande donc à la plaie de rester là un peu, tout baigne, je bois de l’eau, je me désaltère et ça n’a jamais été aussi gouteux. On parle, je parle, beaucoup. Je suis vraiment sur un trip intense. Faut dire que je n’avais pas mangé depuis une douzaine d’heures. Ceci explique peut-être cela. Je dois avouer que je me cherche intensément des excuses à ma chochotterie de ce soir.

Puis après avoir décanté un moment, je décide finalement de partir. Dehors, il fait un brouillard des plus intenses. Il a fait chaud toute la journée, la neige a fondu, l’humidité présente dans l’air est à son paroxysme. La vision est nettement limitée. Je démarre en trombe et je quitte, espérant profiter le plus possible du regain de lucidité que m’a procuré le fait de sortir dehors.

Rapidement cependant je deviens amorphe. Je roule à 45 dans une zone de 70, je ne sais pas si c’est parce que conduire dans un brouillard aussi dense est dangereux ou bien parce que je suis beaucoup trop gelé. Je jongle avec ces deux hypothèses dans ma tête, mon cerveau roule beaucoup plus vite que ma voiture lui. Lorsque je suis seul, tout baigne, mais lorsqu’il y a d’autres voitures à portée, je capote. Ai-je l’air du pire conducteur inapte because too stoned? J’accélère donc pour ne pas avoir l’air suspect. Mes yeux alternent à une vitesse folle entre la route et mon compteur de vitesse. Je n’ai aucune confiance en ma conduite.

J’avance à pas de tortue. J’ai l’impression que ça fait 3 heures que je suis parti de chez le mec en question. J’ai le sentiment que lorsque j’arriverai finalement chez moi, la guerre au Moyen-Orient sera terminée, que la voiture volante aura été inventée, que Virginie sera rendue à son 12 000e épisode. Je suis dans la plus dense brume et je scinde l’espace-temps, voguant dans une dimension autre. Je suis dans la Salle de l’Esprit et du Temps.

Finalement, je réussis à me rendre chez moi non sans avoir croisé une voiture de police sur la route. J’ai bien cru y rester tellement je stressais. J’ai fermé ma radio, j’ai agrippé mon volant et me suis concentré comme rarement dans ma vie je l’ai fait. Finalement, j’ai bifurqué à une intersection tandis que lui poursuivait sa route. Victoire.

Je me suis roulé un autre joint avec du stock plus neuf en arrivant, question de relancer ce formidable buzz. Je vais dormir en étant joyeux et en ayant la certitude que ma branlette de fin de journée sera une des plus formidables que j’ai eues ever.

Nous sommes en vie, remercions le Seigneur. Ou au moins quelqu’un là, vos parents, je sais pas. God I’m high.

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~ par oopsweredead sur mars 14, 2009.

Une Réponse to “High”

  1. Merci, je me retrouve dans tes textes, c’est un vrai plaisir.

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