Sugar Shack Tabarnac

En fin de semaine, c’était le party annuel cabane à sucre de la job. Si jusqu’à présent j’avais toujours boudé cette réunion aux allures puériles, le fait qu’elle coïncidait cette année avec la longue fin de semaine pascale où ma solitude me pèse parfois, je me suis dis que ça pourrait être bien de tenter de me divertir au moins avec ça.

C’est ainsi que je me suis retrouvé à bord d’un autobus jaune avec mes collègues après une journée de travail en direction d’une cabane à sucre quelconque. Il fait relativement beau, le boss fournit le repas et l’alcool, criss, j’ai presque l’impression que je pourrais avoir du fun.

Arrivés là, nous sommes accueillis par de l’ostie d’accordéon, un joueux de cuillère hyperactif pis une violoneuse plus vieille que le doux métier de pute. J’ai toujours eu du mal à cerner qui aimait vraiment ce genre de musique rustique que l’on dit d’occasion. Messemble que des beans sous du King Crimson, ça serait bien meilleur.

La bière, le vin et le fort coulent à flot. Le mélange entre alcool et sucre me rend ballonné et je suis un peu somnolent. Faut dire que les conversations superficielles m’assoupissent. Au moins, je me divertis en allant dire à la vieille peau qui frotte le violon que c’est la fête d’un certain Fabien L’amour aujourd’hui. Elle ne voit rien aller, l’annonce de vive voix, je rigole, je rigole.

Je mange de grasses victuailles aberramment noyées dans le sirop d’érable. Comme si un jambon rempli de tirailles devenait meilleur parce qu’on crissait de la sève dessus. À côté de moi, on rit en aspergeant sa tourtière et en sucrant sa bière, en se fourrant des cups de beurre dans la bouche, en se garrochant des oreilles de criss. Moi, j’ai les mains collantes et je fixe une bombe qu’on me dit être la fille du boss. Semblerait qu’elle voulait venir faire son tour, pour mon plus grand plaisir dois-je dire.

C’est donc avec une semi-croquante bien assumée sous la table que j’ai passé tout le repas. Je ne pouvais m’empêcher d’avoir hâte qu’on passe à la tire pour m’approcher d’elle, la sentir, la toucher. Une fois les tables vidées, je m’approche d’elle, on entame la discussion. Je l’invite à fumer deux trois joints, elle accepte. Aye Aye Aye, es muy picante.

On tire donc quelques puffs près de l’écurie. La chaude haleine des chevaux me permet de garder un peu de chaleur au niveau du cerveau, l’entièreté de mon sang s’étant depuis longtemps dirigée vers mon excroissance dont je peine à masquer l’érection. Elle a de superbes cheveux noirs, des yeux verts, un regard coquin, des pommettes saillantes ultimement craquantes, des lèvres à faire rêver, des seins à s’en déchirer les paumes, des fesses à s’en fouler la graine. La vibe est bonne, je la sens cochonne, je me fais aventurier.

Pendant que les colons de la job se renversent du vin dessus en dansant sur du rigodon à marde, que des chemises carottées se souillent de tire et que des langoureux frenchs sur-salivés entre matantes et vieux garçons se distribuent, je cruise big time. Petit à petit, mes approches se font ciblées et elles reçoivent des réponses plus qu’invitantes.

On se ramasse finalement avec empressement à la toilette. Sitôt la porte fermée, elle s’agenouille et défait ma braguette avec une agilité fauve. Son regard électrisant fait des va-et-vient rapides entre la bosse qui déforme mes caleçons et mon visage ahuri. Le sourire pervers qui se dessine sur son visage m’excite au plus haut point.

Une fois ma verge finalement libérée de son carcan textile de plus en plus contraignant, elle a tôt fait de l’asperger de sa salive et de l’engloutir avec un appétit des plus voraces. Je ferme les yeux, concentrant toutes mes énergies à focusser sur la sensation de l’épiderme de ma bite contre sa bouche pulpeuse. Puis tout à coup, parmi le subtil bruit de succion qui emplissait la pièce, j’entends le cliquetis de la porte. Dans l’excitation du moment, j’avais oublié de barrer derrière moi.

Je me retourne et je vois la face de mon boss dans l’embrasure. Il est reparti aussitôt, je n’ai pas croisé son regard du reste de la soirée, hâte de voir ce que ça va faire demain lorsque je vais rentrer à la job.

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~ par oopsweredead sur avril 14, 2009.

4 Réponses to “Sugar Shack Tabarnac”

  1. Pwahahahaha.

    Je veux un compte-rendu de comment ça s’est passé avec le boss le lendemain 😛

  2. Beau fantasme…

  3. Miaowww.

  4. Pouaha…! C’est vrai, ou c’est de la littérature, c’t’affaire-là ? En tout cas première fois que je viens faire un tour ici – j’ai lu plusieurs de tes textes, j’aime ton style. Mais là le soleil m’appelle alors je reviendrai !

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