Mélan-colique

Je suis allé prendre une bière tout à l’heure, l’appartement me semblait affreusement vide et mon lit repoussant. À la télévision, Guy A. Lepage épandait sa voix nasillarde à grands coups de deniers publics, assez pour me donner la nausée. Je me suis donc dirigé vers le pub crasseux du quartier. Chemin faisant, je me suis fumé un petit pétard, question de me mettre dans le mood.

Arrivé sur place, je spot la table la plus discrète, à l’ombre des slots machines et tout prêt d’un haut-parleur, question d’être sur d’entendre le Kevin Parent pis l’Éric Lapointe ben comme il faut tabarnac. Sur les lieux, cinq ou six personnes au mieux, dont la barmaid quinquagénaire qui exhibe sans vergogne sa poitrine qui a définitivement connu des jours plus ensoleillés.

Je commande deux grosses bières question de maximiser mes contacts que je veux minimaux avec la serveuse aux monts déchus. Je sirote lentement en tentant de relaxer et de faire abstraction des grognements d’un puant qui semble en voie de perdre sa dernière paie sur les vidéos pokers.

Tout à coup, j’entends mon nom prononcé avec incertitude. Maudissant mes réflexes, je me retourne pour voir qui m’interpelle. Un ancien teammate de travail de français au secondaire. Un one work scolaire de jadis, une personne sans importance, je demeure tranquille.

Mais lui s’excite, vient me serrer la main avec vigueur et affiche une exubérance que je devine toute chimique. Il prend la liberté de s’asseoir à ma table le calice. J’ai toujours été mal à l’aise, pour ne pas dire dégouté, par les gens qui s’inventent de fausses amitiés oubliées l’instant d’une solitude. À l’entendre parler, on a été à la guerre ensemble, on s’est crossé dans le même sous-sol en regardant Véronique Cloutier animer la Fureur, on a vaincu vents et marées en formant un duo d’enfer.

Or je me fiche éperdument de cette loque. Je lui réponds minimalement, tentant d’écourter le tout, mais il est lancé. Il me parle du bon vieux temps. Et ça, ça me fait vraiment chier.

Parce qu’à 23 ans, être nostalgique, ça relève de l’hérésie pure. Comme si à notre âge nous avions vraiment vécu, comme si nos meilleurs moments étaient passés. Aussi misérable que mon existence me semble parfois être, je suis malgré tout conscient de ça. Il me semble que ça prend un sale mongole pour se lamenter ainsi et se complaire dans une mélancolie de peccadilles. De la crisse de marde. À la job aussi ça pullule ce genre de comportement. Ça ressasse toujours les mêmes sept huit anecdotes d’adolescence. Revenez en ciboire.

Toujours est-il que j’ai fini mes 2 grosses aussi vite que je venais à cette soi-disant dorée époque et je m’en suis retourné chez moi, un peu amer de ma soirée. Heureusement, j’ai trouvé ça pour me divertir (Pas au boulot cependant, gare à tous). Et je me décrisse la ratte.

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~ par oopsweredead sur avril 20, 2009.

4 Réponses to “Mélan-colique”

  1. Au risque de paraître VRAIMENT méchante et offensante, pardon pour tous ceux que ça concerne… mais…

    Ça existe vraiment du midget fucking? Moi, j’pensais que c’tait une joke.

  2. Je voulais dire fetish, pardon!

  3. Jess: Je savais pas que ça existait non plus avant hier soir. Crissement fucké.

  4. Imagine comment tu vas être rendu bon quand c’est aujourd’hui que tu appelleras l’époque dorée…

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