Caresser la mort

Il est presque quatre heures et je ne pense pas dormir avant cinq ou six heures. C’est que ce soir, j’ai échappé à la mort. J’ai l’adrénaline au plafond, ça fait trois fois que je me crosse dans la dernière heure et la pression n’a pas diminué d’un poil.

La soirée s’annonçait pourtant tranquille. Minuit passé, peu d’action, je décide donc d’aller me promener en voiture, m’arrêter près d’une petite cascade pas trop loin de chez moi, fumer un peu de hash et scruter le ciel franchement étoilé ce soir.

J’arrive donc sur place, l’air est encore chaud, je suis bien. Je sors ma bonne vieille longue pipe en bois et inhale tranquillement. La semaine a été plutôt emmerdante, quasi désolante. Je décontracte, griffonne deux trois trucs à la chambranlante lueur stellaire. Puis l’air se rafraichit soudainement, je décide que c’en est assez, je retourne dans mon doux foyer.

Ce faisant, je dois prendre une petite portion d’autoroute. Il fait noir, mes capacités cognitives n’atteignent pas leur sommet, je joue avec mon lecteur cd à la recherche de la chanson parfaite pour le moment. Et tout à coup…

Un christ d’orignal obstrue la voie. Un sale mastodonte, de quoi nourrir une famille d’Inuits chasseurs héroïnomanes (pléonasme?) pendant un mois. Avec l’agilité d’un fauve, je donne un coup de volant monstre, ma suspension s’écrase, mes pneus crissent, je me chie sur le torse. Sans trop saisir ce qui se passe, je survis.

J’ai le cœur qui bat la chamade, j’ai des sueurs froides, sérieusement, je capote. Je roule désormais à 70, je sers mon volant comme un forcené, je sens mon pouls jusque dans mes mollets. Le reste du trajet me parait surréaliste, j’ai toujours la même scène qui tourne dans ma tête : moi qui évite une mort assurée.

Tout ça me laisse songeur. La vie est fragile, elle peut se terminer vraiment abruptement à tout moment. J’aurais pu être en train de regarder mon lecteur cd, être à me gratter l’entrejambe, n’importe quoi et bang, ça y était.

Je ne peux m’empêcher de croire que ce n’est pas un signe. Je ne sais pas si c’est parce que je suis trop fini mais j’ai l’impression qu’il y a là un message comme quoi j’ai une mission, un but, une raison d’être. À toute fin pratique, je devrais être mort à l’heure actuelle, mais voilà, il n’en est rien. Ciboire, il doit y avoir une raison. Je suis troublé, choqué.

Les couteaux chauffent depuis un moment, je vais aller me faire des tacts, j’y verrai peut-être un peu plus clair ou qui sait, peut-être trouverai-je enfin le sommeil. Sinon, je continuerai à me crosser et peut-être avoir une épiphanie.

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~ par oopsweredead sur avril 25, 2009.

5 Réponses to “Caresser la mort”

  1. Trouver les sens, les humains sont fort là-dessus. As-tu vu le film The meaning of life? Ca pourrait aider, peut etre.
    Je rigole, c’est pas arrivé parce que c’est pas arrivé, point. La vie n’a pas de sens, c’est les humains qui en ont besoin.

  2. Je pense comme ça aussi. Disons qu’hier je l’ai échappé sur l’émotion du moment, life goes on.

  3. De toute facon tu te comportes comme si tu voulais mourir. Tu te geles, tu conduis gelé, etc, etc. Pis quand ca arrive, tu as la chienne. Ca mérite réflexion je crois. Moi j’aurais cru que tu aurais dit un truc du genre..Hey fuck j’ai eu du fun man, ca passé proche, tout un trip. Un truc du genre.

  4. la drogue, c’est mal.

    Ça fait même halluciner un orignal !!!

  5. Anna: Nenenon.

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