Vanité

Existe-t-il un bonheur? Est-il seulement accessible? J’arpentais un peu le vieux ce soir et les cold shots que j’enfilais me plongeaient toujours un peu plus profond dans mes réflexions.

À la sortie d’un magasin, une dame au sourire crispé et au souliers haut perchés est encombrée d’une multitude de sacs. Elle respire la joie artificielle, le bonheur éphémère que procure un solo de carte de crédit.

J’entre dans une librairie, il y a des étalages remplis de livres parlant de spiritualité, de reiki, de travail sur soi, de vie après la mort. On promet la sérénité, l’obtention d’une paix intérieure, le tout en 245 pages et pour 19,99 $. C’est pas beau la littérature?

Je marche un peu plus loin, des vieillards sortent d’une église, l’hostie probablement encore collée au palais. Ils ont rempli leur devoir, ils n’iront pas en enfer, ils marchent donc d’un pas assuré qu’un début de Parkinson ne saurait troubler.

Je peux voir l’intérieur d’un gym par une grande baie vitrée. Des hommes se scrutent dans le miroir, analysent la symétrie de leurs trapèzes et de leurs biceps. Ils n’ont que faire de bander bien dur, plus ils seront gros, plus ils seront heureux.

Sur mon chemin de retour, je passe devant deux salons de soins de beauté. À l’intérieur, des femmes paient des grosses piastres pour se faire masser, se faire couper les ongles, se faire coiffer. Elles racontent leur vie, les déboires de leur entourage. Subtilement, elles font l’exposé de leur supériorité. Et elles en sont grandement satisfaites.

On achète l’illusion du bonheur à grand prix, on essaie tant bien que mal d’oublier le vide incommensurable qui nous gruge. La quête de la félicité a depuis trop longtemps été corrompue, elle est désormais entièrement altérée, devenue maintenant que synthétique. La joie a été commercialisée.

Or j’ai l’impression que mon malheur devient lui aussi de plus en plus artificiel, quasi réactionnaire. Et ça, ça me rend vraiment fou. Je n’ai plus de refuge.

Publicités

~ par oopsweredead sur mai 5, 2009.

9 Réponses to “Vanité”

  1. Le bonheur vient de l’intérieur. C’est une attitude. Et je sais pertinemment combien c’est difficile de se mettre dans le « mood » d’être heureux. Mais j’essaie.

    Bonne chance.

  2. Je reste dans un 4 1/2, j’ai une petite auto dans laquelle je sue l’été. Je suis divorcée mère monoparentale. J’ai pas de faux seins ni de faux ongles.

    Pourtant, je suis si près du bonheur que je peux l’attraper. Je crois que je suis finalement heureuse. Et il est tout près parce que dans le fond il est à l’intérieur de moi.

    C’est curieux, je ne m’en étais jamais rendue compte!
    🙂

  3. Tu espères quoi, la recherche d’un bonheur sincère, un vrai?Le bonheur c’est consommer, le malheur se consumer. L’autre jour un riche trainait dans sa BMW décapotable. Je me suis arreté pour lui demander si il en était satisfait. Il me dit pourquoi tu me parles? Parce que j’aime les voitures et la votre est belle.
    La morale de cette histoire…Aucune idée sinon celle qu’il s’agit peut etre seulement de faire étalage de sa réussite, souscrire à un mode vie et l’afficher.

  4. Je suis de l’avis de Brem. Ne le cherche pas à l’extérieur, à part pour ce qui est de créer des relations avec quelques personnes clés. Je sais que tu es du genre solitaire et qu’être en groupe, pour toi, est over-rated, mais voir et prendre soin de 2-3 personnes à qui tu tiens, ça aide. Mais dans l’fond, il n’y a que toi qui peut trouver ce qui va te satisfaire.

    Pour le reste, plutôt que de réécrire des choses que j’ai lues ailleurs récemment, je te donne 2 liens de blogue qui vont peut-être te donner des éléments de réponse:
    http://autblog.ca/?p=773
    http://mondegaladrien.blogspot.com/2009/05/le-bonheur-cest.html

  5. Aaaaaahhhhhhhhhh, j’aime donc ça être une fille! Le BONHEUR suprême de faire la guerda dans un salon de coiffure: j’peux pas croire que tu te prive de ça mon cher Oups (Je peux t’appeler Oups? Maintenant qu’on est intime, comme tu passes du temps dans ma cuisine, coquin). Sincèrement, tu gagnerais à l’essayer: je t’imagine te faire faire des mèches en lisant un Châtelaine. Oooouuuuiiiiiiii!

    Je sais pas si c’est de la vanité, ou un vide intérieur comme tu dis, mais me faire tripoter les cuticules en jasant de couleurs de sacoches… sincèrement, je vois pas ce qui peut être plus jouissif! À part peut-être prendre une douche après s’être fait asperger de vomi de bébé toute une journée. Yeeeeaeaaaaaahhhhhhhhh!!!!!!!

    Le bonheur, c’est tellement simple au fond cher mec. Peut-être que le tiens se trouve justement dans le spleen que tu trimbale si bien d’un billet à l’autre, qui sait?

  6. Brem: Je veux bien que ça commence par une mentalité, un état d’être, mais je ne suis pas capable de faire abstraction de mes nombreux doutes pour être simplement joyeux.

    Galadriel: Je suis content si tout ça t’as permis d’avoir une épiphanie quelconque sur ton bonheur. Maintenant, faudrait nous l’expliquer.

    Gars: Si le bonheur c’est consommer et le malheur se consumer, j’en suis presque à établir un constat de fatalité. C’est moche en tabarnac.

    Bête: De toute évidence, je doute que de cotoyer 2-3 personnes plus couramment m’aide. Je vois là sans doute une folie qui ne ferait qu’alimenter mon profond cynisme. Merci pour les liens, j’ai lu et certains trucs étaient intéressants. Cependant, ça m’agace pas mal qu’on réduise le bonheur à des « petites choses ». Je pense que ça me prend plus qu’une bière froide, ma toune préférée qui part dans un bar ou un calin de quelqu’un pour croire que ma vie n’est pas futile et ainsi peut-être croire qu’un bonheur ne serait pas narcissique ou vain.

    Marie-Hélène: Ben de la misère avec l’idée d’avoir des mèches en lisant un Châtelaine honnêtement. J’aime la drogue, les sensations corporelles qui en résultent. J’ai l’impression que le supposé bien-être d’un massage m’apparaitrait comme ridiculement petit. Et quant à ce qui est le plus jouissif, je pense que deux trois coït back to back, c’est dur à battre.

  7. Il est peut-être là le problème: tu cherches le bonheur à travers les sensations, alors qu’il faudrait peut-être que tu le cherches à travers ta façon d’être, ta façon de voir les choses et la vie. TOn état d’être, comme dit Brem. J’aime bien être cynique, sarcastique, ironique, whatever, mais si c’était au point de mépriser tout ce qui m’entoure, ouais, je serais probablement malheureux.

  8. Ceci dit, c’est une quête de tous les jours… je suis souvent en crisse et non heureux 🙂

    Mais j’essaye de l’être!

  9. Je crois bien que je vais te l’expliquer avec un post sur mon blog… ça va être moins compliqué et plusieurs personnes pourront dire ce qu’ils en pensent. Mais dans le fond, le bonheur est personnel à chacun. Tu serais p-ê très malheureux à ma place!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :