Ravages

Je suis dans une mauvaise passe au niveau physique, je capote un peu. Je n’ai jamais beaucoup dormi, le sommeil m’emmerde et me rend amorphe. Mais voilà, dernièrement, j’avais l’impression d’avoir un peu trop étiré l’élastique : yeux secs, difficulté de concentration, maux de cœur, érections molles. Ça fait donc deux semaines que je m’envoie au lit en me gavant de vieilles Gravol que j’avais accumulées depuis le temps. Ça fonctionnait vaguement, j’avais l’impression d’être dans la bonne voie.

Or en fin de semaine, j’ai eu des palpitations cardiaques big time. Douleurs lancinantes à la poitrine, souffle difficile, je capotais un peu, seul dans mon appart’.

Je ne suis pas con, ou du moins si peu, je sais bien que ça a affaire avec les amphétamines, avec la quantité que j’ingurgite. J’essaie de m’aider, je fais du jogging régulièrement, j’évite de me bourrer de gras, je tente de fourrer une fois de temps en temps, je me limite sur les cigarettes. J’avais toujours eu l’impression que cela m’avait bien servi.

C’était avant les palpitations et l’inspection exhaustive devant un imparable miroir. Mes cernes se creusent inexorablement, j’ai les cheveux un peu plus gras, la peau un peu moins lisse, les joues un peu plus creuses, les yeux injectés de sang.

Ça a quelque chose de triste. Alors que je suis dans la fleur de l’âge, que je devrais m’occuper à briser des cœurs plutôt que de me préoccuper de la santé du mien, je dépéris comme une plote qu’on refuse de tondre.

Probable que je pourrais tenter de réduire ma consommation. Mais je ne vois guère où puiser la motivation. J’ai besoin des speed pour démarrer ma journée, me lever, autrement je suis amorphe. Du moment où j’arrête, je deviens décalisse. Je suis un peu découragé.

Pour l’instant, je vais essayer d’ajouter des benzos à ma routine de soir, en espérant attraper une heure ou deux de plus et que cela règlera quelques problèmes.

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~ par oopsweredead sur mai 18, 2009.

9 Réponses to “Ravages”

  1. Mouais… I know the feeling.

    J’t’écrirai pas ma vie sur ton blogue, mais prends soin de toi mon p’tit père. J’ai envie de lire ton blog au moins une couple d’années encore. Je viens juste de le découvrir, come on!

  2. Argh. Ça me fait peur aussi. On t’aime de notre appartement, sérieusement. Fais attention, l’ami.

  3. Bonne idée de rajouter des benzos au cocktail que tu imposes à ton corps, ce changement lui permettra peut etre de retrouver un équilibre qui était présent il n’y a pas si longtemps encore.
    En parlant de changement, tu connais Watzlawick, l’école de Palo Alto en Californie. Il parle de changement de type I qu’il appelle Toujours plus de la meme chose. On change des choses mais toujours dans le meme cadre. On introduit ceci, en modère cela, mais le cadre reste le meme. Il nomme ca la force homéostasique, pratiquer des changements pour ne pas changer, en fait. Voilà ce qui semble ton projet Oops. Ca ne sera que du toujours plus de la meme chose qui produira toujours plus de la meme chose.
    Il parle aussi d’un changement de type II, ou là tu débordes le cadre et ou tout peut se réinventer autrement.

    Si il lisait ton billet, il te dirait probablement, ne changes rien du tout, continue comme ca, rajoute meme, augmente les doses. Pousses ton système au bout. Parce qu’il croit, le con, que tout les systèmes, meme humain, tendent à l’équilibre, tu pousses trop dans un sens, pour retrouver l’équilibre, il revient vers l’autre sens pour retrouver un équilibre.
    Ton propos je le trouve enfermé dans un cadre rigide, un peu sqare, avec des angles obtus. Ca ressemble à je consomme par nécessité, et je prends une série de mesures pour me maintenir en équilibre. En déséquilibre (palpitation), je tente d’introduire autre chose pour retrouver cette équilibre.

    Je te garanti une chose, tu vas retrouver un sentiment de bien etre par ce genre de correction temporaire, mais fréquence des moments de déséquilibre sera de plus en plus courte. Un momemnt ca sera la crise qui te placera devant l’inévitable besoin d’un changement en profondeur.

    C’est long mon truc mais je le termine avec un exemple. Une famille qui a un enfant avec un retard de développement va tout faire pour qu’il soit normal. Les parents le surstimuleront de toutes sortes de facon. Ajout d’un orthophoniste, d’un autre iste, de quelques logues. Jusqu’au jour ou il finiront par s’avouer à eux meme que cette enfant ne sera jamais normal. Là on est dans le changement de type II. Ils ne se demanderont plus qu’est ce qu’on peu lui offrir pour nous faire du bien à nous, ils se demanderont plutot qu’est ce que lui, compte tenu de son état, à besoin, et comment nous pouvont arriver à dealer avec un enfant avec défécit. Le cadre est changé, ce cadre, celui de vouloir un enfant normal a éclaté, il sont ailleurs maintenant et ca change tout.
    Désolé pour la longueur

  4. un gars: la mort c’est un ré-équilibrage en qque sorte finalement.

  5. Tu décris tellement bien par où je suis déjà passée. Les palpitations cardiaques… Me regarder dans le miroir et voir tous ces changements dans mon visage. Les cheveux plus gras aussi.

    Y’a fallu que je me rende une fois en ambulance à l’hôpital avec des ambulanciers qui se foutaient de ma gueule alors que moi, j’avais eu la peur de ma vie dans l’attente de l’ambulance à être sûre que là, je pétais une vraie de vraie crise cardiaque. De voir le médecin qui avait l’air en tabarnak d’avoir à prendre soin d’une fille qui était décâlissée par sa propre faute.

    Tu sais, je ne te fais pas la morale. Je sais ce que c’est de prendre des amphétamines, le trip…. De voir ses capacités intellectuelles augmenter. Le tourbillon d’idées dans la tête. Parfois, quand j’écris, ça me manque. Puis je repense à la fois où j’ai pensé y rester… et j’ai peur. Des fois, je pense que la peur d’avoir peur m’a sauvée au bout du compte.

    Je ne sais pas si c’était le temps de te dire ça mais c’est que moi aussi, j’aime te lire. C’est pas moi qui vais te juger pour tous les trips que tu racontes mais j’aimerais juste te dire que si t’es rendu aux palpitations cardiaques avec le speed, il serait peut-être temps de slacker un peu là-dessus.

    Et je publie, à mes risques et périls 😉

  6. Les p’tites filles: Je meurs pas encore là, on se calme le poil des jambes.

    Gars: Connais pas Watzlawick, je vais aller jeter un coup d’oeil. Je ne prétends pas que je mène un train de vie optimal ni n’aspire vraiment à un équilibre quelconque. Comme toujours, t’as le mérite d’offrir et d’amener réflexion. Pas besoin de t’excuser pour la longueur.

    Brem: Kinda.

    Noisette: J’imagine que c’est le genre de situation qui aide à faire réaliser des choses. Mais voilà, en toute honnêteté, je crois que mon problème réside dans le fait que j’ai une trop forte estime de moi, que je me dis que je suis plus fort que tous, que moi, je suis invincible. Et jusqu’à preuve du contraire, je fonce.

  7. ouais, les amphet…Pendant un court moment, j’avais pratiquement l’impression que tu parlais de moi!! Écoute, j’ai été 4 longues années complêtement accros à ses ptites pillules. J’en ai fait pratiquement tout les jours, sinon, j’étais plus capable de travailler. Pour réussir à dormir, je buvais des quantitées plutot incroyable de tequila…Quand la téquila na plus marché, j’ai alors commencer a faire du ghb…

    tk, histoire courte, hopital, cariologue, avertissement que j’étais sur mes derniers milles, que mon corp m’avait sérieusement avertis..J’ai pas arrêter..jusqu’a temps de devenir fou..Psychose totale!!

    Loin de moi l’idée de te faire la morale, tu n’en aurais rien a foutre anyway…Ca va maintenant faire 4 ans que je ne touche plus a rien…( un ptit verre de vin a l’occas..)Ta raison, ca décalisse un gars quand tu arrête mais ca dure un gros mois..L’angoisse la plus total, le manque, la paranoia, aucune énergie…Le gout de mourir le plus profond…Mais crois moi, ca fini par passé…

    Sur ce, t’écris crissement trop bien mec, lache pas!

  8. Dans cet sombre nuit, du haut de mes 16 ans, au coin de cette page, je laisse couler quelques mots, comme je laisse couler mes larmes.
    J’ai trop perdu, j’ai trop bu, j’ai trop fumé, j’ai déjà trop vécu.
    Je ne peut m’arrêter de vivre, mais je peut arrêter d’écrire.

    Au coin de cet sombre page, je m’en vais mourir.

  9. … Hum. Je suis perplexe en criss.

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