Essais

J’ai eu mon plan d’entrainement aujourd’hui. Vers 6 heures, j’avais enfilé mes shorts trop serrés et un t-shirt plus ou moins propre. Félix l’entraineur latino m’attendait dans l’enceinte, je lui ai serré la main avec laquelle je me suis replacé 5 fois la poche sur le trajet d’aller. Godamn short trop serré.

On s’assoit près des bouts de bois chambranlants qu’il appelle son bureau, il prend ma pression en me serrant le bras avec sa petite pompe, calcule mon indice de gras corporel à l’aide d’une machine qui fait circuler un courant électrique dans mon corps, il me mesure, il me pèse, il me dit que ça va aller en s’améliorant.

On parle de mes objectifs du moment (survivre et baiser), il me monte un programme. On fait le tour des machines, il m’explique les mouvements, utilise des termes beaucoup trop techniques comme hypertrophie, deltoïdes et poignet. Il prodigue conseils et postillons avec bonté, me donne un pad et une feuille, me souhaite bonne chance et puis s’en va.

Le gym est somme toute silencieux. Ne viennent troubler la quiétude que des respirations haletantes de mastodontes et le froid éclat sonore du métal qui s’entrechoque. Je m’attelle à la première machine du circuit, pour les quadriceps, la charge installée est immense. Je suis feluette, mais fier, je décide donc de la baisser un max afin de soulever le tout et d’ensuite augmenter le poids. Je pose ma serviette, vérifie que tout est en place et je force. Rien. Je force plus fort. Calissement rien. Je suis tellement fif.

C’est donc démoralisé par ma faiblesse que j’ai complété mon premier entrainement. J’ai mal, j’ai le souffle court, j’ai les tendons qui veulent se déchirer comme l’hymen d’une gamine sur une poutre de gymnastique. Mais je reviendrai, toujours plus fort.

De retour chez moi, douché et débarrassé du joug génital que m’imposait mes seuls shorts malheureusement trop tight, je me suis dit que plusieurs bières s’imposaient. Parce que tant d’effort mérite une hydratation musclée, right?

Je suis donc allé au bar du coin. C’était jeudi, de la Carlsberg à un prix honnête et une barmaid à te ressusciter une queue atrophiée m’attendait. Émilie (Ici et ). Le bar est pratiquement vide, les gens ayant sans doute préféré aller sur une terrasse. Je m’assois donc au bar, plus résolu que jamais à entamer une discussion. Une fois les deux premières blondes englouties à une vitesse frôlant la limite de la décence en présence de telle dame, je me lance en feignant grossièrement un ton salace plein de sous-entendus :

-À quelles heures tes jambes ouvrent à soir bébé?

Je pousse un petit rire, j’ajoute qu’elle « doit souvent en entendre des vertes et des pas mûres ». Elle comprend que je blague, souris pour être poli, je me sens un peu con. Fuck, elle m’intimide. Je prends mon trou, cale mes deux autres bières et commande un autre quatuor.

Lentement, je tente de refaire des points. On parle un peu d’actualité, du Festival d’été, de musique. Ça reste en surface, mais je crois avoir réhabilité mon image. Elle sourit et même rit, elle est friendly.

Finalement, mon dur labeur au gym finit par claquer. Je prétexte donc la fatigue et m’éclipse. En partant, elle m’a dit :

-À la semaine prochaine

Je suis peut-être chaudaille, mais je la sens en ciboire.

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~ par oopsweredead sur mai 22, 2009.

7 Réponses to “Essais”

  1. À quelles heures tes jambes ouvrent à soir bébé ?
    Le meilleur pick up line que j’ai entendu, ever !
    Je te le vole 🙂

  2. « j’ai les tendons qui veulent se déchirer comme l’hymen d’une gamine sur une poutre de gymnastique. »

    T’as trop d’imagination toi hahaha!!!

  3. Je trouve surtout que t’as une fixation sur les hymens. Mais j’aime ça, ça rend tes textes poétiques.

    N’oublie pas: la meilleure façon de faire cesser la douleur musculaire, c’est de le refaire.

    Pour Émilie, je m’excuse de péter ta bulle, mais son invitation à revenir au bar est purement du marketing pour se faire du tip. Elle sait que tu es un régulier et elle sait que tu vas y retourner pour elle. Elle est payée pour être friendly. :p

  4. Cacawet: Je charge des droits d’auteur indécent, tiens toi le pour dit.

    Bête: Vrai que les hymens m’accaparent l’esprit, j’en conviens. Maintenant, je me doute bien des intentions de la barmaid, mais voilà, il y avait une teinte, un éclat, quelque chose de singulier dans son sourire qui me donne espoir.

  5. On nomme ça du gloss…

  6. COME ON

  7. Ha ha, avoue que « une teinte, un éclat, quelque chose de singulier dans le sourire », ça fait presque pub de Lise Watier 😉

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