Songe

La soirée avait été chaude et humide. Voilà maintenant quelques heures que j’errais dans la ville parmi des passants quelconques qui se faisaient de plus en plus épars. C’est que la nuit était désormais tombée. Et malgré cela, je continuais à errer calmement, me laissant caresser par le langoureux suroît qui sévissait depuis la fin de l’après-midi. Le ciel était magistral, sa voûte, étoilée avec une intensité indécente. Je fumais joint après joint, toujours un peu plus perdu dans mes pensées, toujours un peu plus béat.

Je transpirais tranquillement, ma mince chemise collant à ma peau, conséquence des effluves sudoripares et des huileuses coulisses exocrines qui se frayaient un chemin entre mes deux pectoraux saillants de tant de chaleur. J’avais chaud et ces pensées de toi ne m’aidaient guère. Tu m’avais dit, dans un mélange de boutade et de défi à teneur sexuelle, que tu m’attendrais toute la soirée, excitée, haletante.

Dans ma poche, un bout de papier froissé, ton adresse que j’avais notée de mon écriture pressée et nervurée. Dans ma tête, des tonnes de pensées, de pulsions, d’envies. Sur un coup de tête, puisqu’il devait en être ainsi, que la vie était courte et qu’il devenait de plus en plus ardu de marcher avec l’érection naissance qui poignait dans mon caleçon, je me suis risqué à la frivolité.

Sur le seuil de ta porte, des doutes, bien sûr, mais surtout de l’excitation, de l’appréhension, de la hâte. Trois petits coups discrets, je pénètre dans l’appartement où la lumière est tamisée et où une odeur d’encens est en suspens. Tout est silencieux, j’avance à tâtons, faisant attention de ne trébucher sur rien, oeuvrant avec le plus grand soin dans ton logement chaotique. Je me laisse guider par ma verge tendue, elle me guide avec fermeté jusqu’à ta chambre, dans un commandement que je n’oserais contredire.

Tu es là, allongée sur ton lit à scruter la ville par ta fenêtre ouverte, le vent venant faire balloter tes cheveux, magnifiant ainsi tes épaules dénudées, tes traits fins, ton regard de braise. Je ne dis rien, l’intensité contenue dans le premier regard que nous échangeons étant plus lourde de sens que tous les mots du monde. Je m’approche à pas feutrés, de peur de troubler l’électricité du moment.

Je grimpe sur le lit et sans attendre, nos deux langues s’enlacent avec la vivacité de deux comparses qui avaient craint ne plus jamais se revoir. Tandis que nos lèvres n’oseraient se quitter, trop occupées à consumer le feu qui brulait en nous depuis déjà maintes heures, tes mains me délestent de ma chemise dans une vitesse féroce.

La passion est prépondérante, aucun de nos gestes n’est calculé, tout n’étant désormais plus que réflexes sensoriels, automatismes hédonistes, axiomes physiques. Nos baisers sont d’une fougue quasi insoutenable tandis que nous nous dénudons lentement, chaque parcelle de peau faisant figure de vierge trésor.

Puis, nous cessons de nous embrasser, laissant en suspend le bruit sec et vif de nos lèvres qui se quittent. Nous nous étendons instinctivement tandis que nos yeux ne se quittent guère. Galvanisé par le bleu perçant de ton regard, je m’approche furtivement de ton entrejambe. Je m’attarde rapidement à ton clitoris, y allant de petits coups incisifs, chirurgicaux, profitant intensément des derniers relents du goût de ton baume à lèvres imprégné sur les miennes. Je me fais ensuite un peu plus langoureux, m’attardant dans une indécence contenue sur ton bouton de plaisir. Subtilement, je saisis quelques lampées de ce nectar familier qui m’indique que tu es excitée, ton corps se cambre nettement, tes mains agrippent un peu plus fermement les draps.

Tes mains se saisissent de mes cheveux dans une maladresse que je devine exaltée. Tu m’attires à toi dans une douceur émoustillante. Nos échangeons à nouveau de vivifiantes embrassades ma paume droite se saisissant avec vigueur d’un de tes seins infiniment soyeux. Nos respirations fortes et chaudes marquent la force du moment. Puis je redescends, m’attardant cette fois-ci à tes monticules charnels.

Leur rondeur a quelque chose d’hypnotisant. Alors même que ma langue explore tes tétons durcissant naïvement de pareils stimulus, je sous-pèse visuellement la perfection de ta poitrine, sa fermeté apparente, ses extrémités d’un rosé bandant. Je les sens frissonner aux rythmes effrénés des frétillements qui saisissent ton bas-ventre.

Malhabile d’excitation, ta main se glisse vers ma verge tendue, tu me caresses au rythme des afflux de sang qui viennent secouer les vaisseaux sanguins gonflés de mon sexe irréversiblement tendu. Ton bassin ondule, t’ouvrant un peu plus, marquant ainsi l’impatience de me sentir, l’urgence de me recevoir.

Après t’avoir fait languir dans une cruauté toute sexuelle, j’obtempère finalement, heureux de sentir ton chaud soupir d’excitation, d’entendre un premier cri rauque qui ne saurait mentir sur ton excitation déjà palpable.

Je demeure tout de même calme, faisant entrer ma verge tranquillement, explorant ainsi ton intérieur dans un délice lascif. Puis le rythme augmente, l’accélération de la cadence n’étant guère étrangère à l’impulsivité des baisers que nous échangeons pendant que je te pénètre. Mes lèvres étouffent tes gémissements alors que tes cuisses se referment autour de moi, commandant toujours plus de virulence. Mes mains qui prennent tout ton corps afin de m’enfoncer toujours un peu plus loin, tes cris rauques comme des sourdes appellations à continuer, à augmenter.

La frénésie me gagne lentement, mes coups de reins sont plus ardents, mes muscles fessiers sont tendus à l’extrême. Il y a quelque chose d’extatique dans nos caresses, nos touchers, une jouissance éventuelle qui magnifie l’instant. Tu t’agrippes à mon dos afin que nos corps bougent à l’unisson tandis que le coït se veut imminent.

Ton souffle est court, le point de non-retour est atteint. Ma respiration est brulante, mes coups de reins sont saccadés, au rythme de notre jouissance mutuelle, battant ainsi la cadence de la plus chaude des mélodies. Nos corps tressaillent simultanément de plaisir alors que j’éjecte de longues coulées de spermes en toi. En toi que je sens secoué d’une chaleur quasi fiévreuse.

Sans dire mot, je me rhabille lentement, tétanisé du moment, porté d’allégresse. Alors même que tu demeures allongée sur ton lit, l’air songeuse, le sourire facile, je quitte la chambre sans me retourner et je retourne d’où je suis venu.

Dehors, le vent a perdu de sa chaude candeur, la nuit est un peu plus noir, l’air est plus frisquet, le monde est un peu plus miséreux, la vie un peu plus triste.

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~ par oopsweredead sur mai 25, 2009.

14 Réponses to “Songe”

  1. : Ah god! et
    : Je déteste la fin!

  2. Beau texte malgré un léger abus d’adjectifs. Moi non plus je ne vois pas vraiment le rapport de la fin.

  3. Il parle que c’est éphémère… ça a rapport en crisse! 🙂

  4. Moi je comprend le rapport de la fin, elle me plait pas, tout simplement.

  5. Me semble que ça me rappelle quelqu’un…

  6. Brem – j’ai dû skipper cet adjectif-là en lisant… l’opération sevrage de café ne donne pas des résultats formidables chez moi, he he ! Alors j’aime la poésie de la dernière phrase, mais comme la conclusion est excessivement courte par rapport au reste du texte, j’en rajouterais un brin pour équilibrer. Ou peut-être pas. Ok, je vais aller me faire u café.

  7. pas pus finir. Suis au bureau et en état de manque. Physiquement trop pénible.

  8. Convenu.

  9. Je prends des notes, full bonne foi le gars.

  10. voyons, mais laissez-le donc écrire ce qu’il veut, comme il veut.
    On est pas à l’école, icitte !!!

  11. ou pire, dans un atelier d’écriture de l’UQAM.

  12. J’ai adoré ton texte. Il m’arrive souvent de critiquer ce point. C’est une des raisons de mon célibat. Ce refut à l' »encroutage » lol.

    Pour ce qui est de la discussion sur la fin, puisque tout le monde semble avoir une opinion, je dirais qu’elle est bien là où elle est.

  13. Princesse Anna – Pour ma part (mon opinion critique), c’est un réflexe d’ex éditrice… difficilement répressible, mais je vais faire un effort pour rester tranquille.

  14. Et si c’était ça le bonheur?

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