Transport

Mon automobile est mal en point. Dernièrement, le moteur faisait un peu le même bruit qu’une conne qui enfonce une bite un peu trop loin dans sa gorge et qui se retrouve à lutter peu esthétiquement pour ne pas vomir. Il s’emballait puis calait. J’ai donc été dans l’obligation d’aller la porter au garage où elle me serait indisponible pour deux longs jours.

J’étais donc pris à voyager en bus pour aller travailler, m’encarcanner dans cette grosse boîte mobile parmi les prolétaires suants et les antiquités nauséabondes. Autant que possible, j’essayais toujours de me dénicher un banc dans le fond du bus, question de me faire secouer bien comme il faut par les soubresauts immenses du véhicule à suspension inévitablement déconcrissée.

Je m’assois donc, sors mon dernier Beigbeder de mon sac, enfile mes écouteurs, puis lève les yeux. Parce que c’est inévitable, je ne lis jamais en bus, il y a trop à voir, à zyeuter, à sous-peser et à questionner.

Je scrute les gens à la loupe et ris intérieurement. Car quel spectacle que celui offert par tant de gens divers dans un endroit restreint.

Le petit monsieur avec son énorme moustache et sa valise brune, n’a-t-il pas de miroir? Comment peut-on en arriver à penser qu’il s’agit là de la meilleure façon de maximiser sa pilosité faciale? Ça me dépasse.

La mégère qui tente de cacher la couverture de son livre, a-t-elle peur qu’on la juge de lire du Danielle Steel? Pourquoi regarde-t-elle sa montre constamment? Ses vêtements si vastes, que cachent-ils?

Ce gars aux immenses écouteurs et aux yeux furtifs, il me scrute depuis tantôt. J’ai une saleté sur le bord de la gueule? Il est dérangé? Il veut m’enculer?  Il a le regard sombre, la mort dans les yeux. Peut-être pourrait-il faire sauter le bus. Ça, ça serait divertissant.

Il y a toujours quelques filles canons à bord. Si la chance est au rendez-vous, les jupes sont courtes, mon lacet supposément détaché, mes yeux vifs et rapides. Je les jauge toujours, décide immanquablement d’avec qui je voudrais copuler si jamais le bus tombait en panne dans un endroit isolé. J’appelle ça le syndrome de l’ascenseur. Parce qu’à chaque fois que je suis dans un ascenseur, c’est le genre de réflexion auquel je m’adonne. Qui est-ce que je baiserais, qui est-ce que je boufferais, qui est-ce que je tuerais?

Il y a parfois des énergumènes. Ceux qui s’assoient à l’avant pour parler au chauffeur, genre. Ceux qui changent de place plus qu’une fois. Ceux qui t’accrochent les cuisses un peu trop longuement. Ceux qui lisent le Journal de Québec.

Heureusement, mon doux véhicule devrait être de retour en état de marche demain. J’espère juste que ça ne me coûtera pas une fortune, des plans pour que je sois obligé de couper sur la coke pendant un bout. Ou d’acheter de la coke coupé. Je pourrais aussi me financer en vendant des calembours. Il doit bien y avoir un marché pour ça quelque part.

J’ai essayé fort de trouver un jeu de mots punché pour finir ce texte. EPIC FAIL. Moi qui voulais cimenter ma position de monopole dans ce milieu naissant, c’est raté.

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~ par oopsweredead sur mai 29, 2009.

2 Réponses to “Transport”

  1. Je fais ça aussi dans le métro, spotter avec quel gars j’aimerais le plus coucher si les passagers du wagon étaient les derniers humains qui restent, admettons. Je trouve ça toujours poche quand la réponse est « aucun ». Soit je suis vraiment difficile, soit y’a ben, ben des hommes laittes à Montréal, soit tous les beaux gars se déplacent à bicyclette…

  2. Ha!ha!Ha! Je jouais à ça avec mes tits namis du Cégep. Who would you fuck? Who would you eat? Who would you kill? Who would you save?

    Invariablement, on se rendait compte qu’on ne sauvait aucun d’entre nous. Pfffftttttt

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