Béatitude

J’avais décidé de me lever tôt ce dimanche. J’ai appelé vendredi pour me réserver le départ le plus matinal disponible sur le petit terrain de golf non loin de chez moi, j’espérais que le soleil soit au rendez-vous. J’étais donc debout à 5 h 30, à laver mes clubs antiques achetés pour une bouchée de pain sur lespac au début de l’été, joint en bec, sourire aux lèvres. Le soleil scindait un ciel tout azuré, tout semblait au rendez-vous.

Arrivé sur le terrain, le chant des oiseaux comme matinale mélodie en fond, je m’échauffe, hume pleinement l’odeur de l’herbe fraichement coupée et m’enduit ma peau blême d’un onctueux écran solaire. Ma casquette Moosehead bien vissée sur la tête, j’entame le parcours seul, ayant la chance de n’avoir aucun partenaire imposé sur mon foursome.

Les choses vont rondement, sans survoler le terrain, je suis satisfait de mes coups. J’avance lentement, fume clope après joint, me désaltérant subtilement avec quelques rasades de bière sous l’œil amusé du préposé qui fait la coupe de différents verts.

Mine de rien, l’avant-midi s’entame et le soleil prend un peu de vigueur. Il fait chaud, il fait beau, je sens malgré moi un sourire poindre à la commissure de mes lèvres. Je finis par bouclé le terrain sans immenses anicroches, rien de fantastique mais fort honorable pour un début d’été.

Je décide ensuite d’aller à mon spot favori sur la Rive-Sud. Alors que je restais sur ces contrées rurales que représente la Rive-Sud de la non moins rurale agglomération de Québec, j’aimais bien aller me perdre des jours durant dans les bois adjacents à ma petite ville. C’est là que j’y ai trouvé ce qui demeure encore à ce jour ma seule oasis de paix introublé.

En plein milieu de la forêt qui longe la Transcanadienne, à 6-7 minutes de marche ce trouve une partie où la végétation se fait un peu plus clairsemé. Un ruisseau y passe, une légère cascade amène l’eau à clapoter au contact de rocher arrondi par l’érosion aquatique. Un rivage rempli de gravel me permet de m’assoir tout prêt de l’eau. Je me démarre un petit feu, mange mes sandwichs au beurre de peanut préparés en vitesse le matin même, m’ouvre le bouquin de Hugh Laurie acheté à tout hasard durant la semaine.

Une brise fraiche provient du ruisseau, le soleil est à son zénith, j’ai une canette de Heineken en main, je suis seul et bien. Il y a quelque chose d’apaisant à être si loin de l’hommerie, se sentir complètement coupé de sa crasse, de son urbanisation aseptisée, de ces maux d’image, de son besoin de plaire, de l’amour parasite, de sa socialisation vide à outrance.

Je suis seulement là et bien et lorsque je mourrai, je veux que ce soit dans ces conditions-là.

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~ par oopsweredead sur juin 15, 2009.

6 Réponses to “Béatitude”

  1. J’espère que la veille de ton suicide tu nous avertiras. Je déteste l’attente.

  2. Ça y est, j’ai besoin de vacances!

  3. Esprit dans l’eau: Bof, le temps venu, je doute que je porte encore intérêt à cet espace web.

    Soph: C’est pour bientôt ces vacances?

  4. Amen!

  5. Tant qu’il y a de la bière tout roule!

  6. 4 jours, mes première vacances depuis 3 ans… j’en rêve!! Demain après les 16 pages de travail de fin de bacc!!

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