Stupidité létale

Je suis las comme rarement. Je me sens saturé de merde, dégouté de mon quotidien routinier, blasé d’une vie qui me semble limitée. D’ordinaire, je qualifierais mon état de mollesse tristement béate, d’amère inertie tranquille. Or voilà que je me sens agressif, colérique. La stupidité crasse de mon entourage m’exaspère et je me sens inapte à faire abstraction de cette médiocrité.

Mes collègues de travail sont de sombres simplets sans réel intérêt autre que celui du divertissement fade qu’ils me procurent en évoluant paisiblement dans un univers visiblement trop complexe pour de pareils êtres si peu garnis en neurones.

Mon voisinage se complait dans la banalité, vivant dans la modestie inconsciente que leur confère leur intellect si mince. Tout est miteux, on arbore la camisole, la molle moustache pleine de graines et le pad. On met au monde des marmots pour qu’ils jouent avec la marde qui pourrit dans leurs couches tandis que les parents sont trop occupés à écouter la télévision. Le plus triste de cette immense cruauté, c’est qu’il est quasi difficile de leur en tenir rigueur, ils sont tellement ignorants.

Je n’ai pas d’ami, personne n’arrivant à susciter mon intérêt et mon respect de façon soutenue. Je n’ai guère de famille, mes parents sont décédés et le seul oncle dont je connais l’existence habite au sud de la frontière. J’aime, j’adore ma solitude. Mais il y a des moments comme ce soir où elle me pèse un peu.

Je désespère par moment de rencontrer des gens intéressants. Je vis dans des cercles sociaux très moches, très simplistes. Je peine à secouer mon marasme relationnel, encroûté dans mon bien-être très arbitraire. Je m’échine à songer aux endroits qui m’offriraient la possibilité de rencontrer des gens dont la fine fraicheur ne s’émousserait pas à un rythme effarant.

J’ai pensé à suivre des cours de cuisine ou de sports, mais j’aurais peur d’être entouré de vieux et de cons. J’ai songé aussi à des groupes de lecture. Je ne sais même pas si ça existe vraiment et encore moins s’il est possible d’y lire autre chose que du Marie Laberge et du Dany Laferrière. Il y a des clubs de marche aussi, que des crinquées et leurs chums soumis. En vrai j’ai fait le tour du feuillet d’activités communautaires. Je n’arrive pas à me décider, je m’exaspère grassement.

Il y a aussi un retour aux études, mais c’est TELLEMENT demandant.

Et au fond, je le réalise là en l’écrivant, c’est peut-être bien plus mon propre immobilisme que la connerie ambiante qui me rend aussi colérique. Allez savoir.

Publicités

~ par oopsweredead sur juin 17, 2009.

17 Réponses to “Stupidité létale”

  1. Attention, tu n’es pas seul
    Tu as avec toi, ton brillot, ton intelligence vive, ta façon à toi de voir les choses d’une façon très rationnelle et très crue. Personnellement, je vois ça comme du gros potentiel.
    Ce sont toutes des choses que bien de gens avec pleins d’amis et pleins de diplômes n’ont pas.
    Je te vois comme quelqu’un d’unique. Il n’y en pas beaucoup.
    Quant à moi, tu n’as pas besoin du chemin que tous les autres prennent…

    Sans vouloir faire un petit discours quétaine, c’est vraiment ce que je pense.

  2. Beau billet encore une fois.
    Il me renvoies à mes attentes plutot irréalistes qui me paralysent d’une part et me font hair les gens puisqu’ils ne sont pas à la hauteur. Ma colère est faite d’attentes frustrées et lorsque je m’y arrete, je ressens parfois une chaleur envahissante qui s’avère etre de la peine. Rien sur cette boule me sied, tout me scie, quoiqu’il y a les boules à Nathalie qui me conviendraient bien, son cul aussi qui saurait satisfaire les plus exigeant.

  3. Trouve-toi une blonde! Hahahaha!

  4. Ne dis pas que tu ne trouves personne à ta juste valeur. Un personne devient intéressante si tu lui parle de sujet qui te conviennent, c’est tout.

    T’as qu’à t’en prendre qu’à toi même si t’es associable!!

  5. En tout cas, toi dans un club de lecture, de marche ou encore dans un cours de cuisine (là j’aurais un orgasme juste à te lire décrire ça), ça donnerait de fabuleux billets!
    Sinon, plus sérieusement, reste le retour aux études… tu aimerais te diriger vers quoi, si ce n’est pas trop indiscret?

  6. …Du changement, du changement et du changement ! De travail et de quartier. Tu sembles déborder de potentiel intellectuel… Un changement de travail s’impose. Un retour aux études pour ce faire ? C’est demandant, mais c’est un investissement ! Qui changera ta vie 🙂 À t’entendre décrire tes voisins, tu as pensé changer de quartier ? Et tu souhaites rencontrer des gens intéressants: d’après toi, que font ces gens ? Arranges-toi pour fréquenter les mêmes lieux qu’eux ou pour pratiquer les mêmes loisirs, etc. Y’a des solutions à ton désarroi.

  7. Je ne sais si je t’envies Oops ou te jalouse mais elles sont nombreuses à tenter de soulager ton désarroi. Pauvre petit tu sembles éveiller l’instinct maternel dans ce billet. lolll.
    Mon baloney, je le voudrais épais aujourd’hui.

  8. C’est une blague, tu mets le mot létal, détresse, ce genre de trucs et les mamelles bien intentionnées sortent.

  9. Gars: Fais là avec ta peine.

    Pat: Wowoui.

    Optimetiste: Je sais bien que j’en suis majoritairement responsable, de mon exclusion sociale. C’est ce que je juge pour le moment être la moins pire des solutions.

    Malorie: Je songe un peu à Littérature mais je crains de faire 3 ans d’étude dans le vide, me retrouver sans réel débouché et la cruelle constatation sans appel de mon manque de talent. Parce que si j’échoue cela, j’aurai réellement l’impression de ne plus rien avoir ensuite.

    Christine: Je vis dans le même appartement depuis plusieurs années, j’y ai de multiples souvenirs de personnes désormais disparus, il me pèse de songer à quitter cela même si au fond de moi, je crois que cela pourrait être bénéfique. Pour ce qui est des gens intéressants, je voudrais des gens curieux, des gens qui lisent, apprennent, se cultivent, n’ont que faire de l’opinion d’autrui, ne sont pas soporifiques. Le problème c’est que selon mes critères très stricts, peu de gens méritent pareils qualificatifs.

    Gars: Les gens veulent sauver l’insauvable, il y a quelque chose de rassurant dans l’assurance de l’échec.

  10. …après coup seulement, ce fameux je l’avais dit. Effectivement ca rassure.

  11. Tu es loin de la cause perdue ! Je comprends que tu veuilles préservé les souvenirs qui habitent les murs de ton appartement, mais ces souvenirs ne sont-ils pas plutôt en toi ? Les gens que tu recherches ne sont pas introuvables… Ils existent, tout comme toi.
    Un gars: C’est vrai que je suis maternelle, psychologue aussi, à mes heures. Mais je suis surtout enceinte pour la première fois, et j’aurai 30 ans demain ! Je suis bin bin près de mes émotions… 😉

  12. Le gars a un spleen. Il avait besoin d’un peu d’attention et vous lui en avez donné.

    J’espere seulement, Oups, que tout ce brouhaha t’a fait un peu de bien. Normal de filer bof à la croisée des chemins. Bienvenue dans le club.

  13. C’est intéressant, Oops, de voir que malgré ta tendance à mépriser la sociabilité, tu recherches quand même à être entouré d’au moins quelques personnes. C,est normal, en fait. Évidemment, le problème est de trouver les personnes qui pourront nous satisfaire et dans ton cas, tes attentes sont plutôt élevées, ce qui rend la tâche encore plus difficile.

    J’ai tendance à croire que tu peux trouver ce genre de personne dans un milieu universitaire, quoique même là, je te souhaite bonne chance. Il y en a du monde cruche et insipide là aussi, dans une proportion presque aussi grande que dans la population en général. N’empêche, le niveau d’intellectualité reste plus élevé. Quant au retour aux études, regarde aussi les techniques: moins long, généralement de meilleures chances de placement qu’à l’université, quoique évidemment, le niveau de curiosité intellectuel sera moins élevé qu’à l’université…

    Suis les conseils des autres: change de place, de fréquentation, etc. Le gym est un début intéressant, mais ce n’est clairement pas là que tu vas découvrir des intellos (duh!).

  14. Pour la littérature: j’ai fait un bacc en littérature à l’UQAM, commencé une maîtrise dans le même domaine… honnêtement, si j’étais à ta place, je me dirigerais plutôt vers un certificat en création littéraire pour commencer. Après 1 an tu as terminé (ou un peu plus longtemps si tu ne fais pas 5 cours/session) et si jamais tu veux faire le bacc, tu peux le faire par cumul donc tes crédits sont intégrés à ton bacc. Ce n’est pas contingenté. Par contre, c’est certain qu’après ça, tu dois créer ta chance et t’arranger pour que ça t’ouvre des portes vers un emploi en lien, car dans les faits, ce type d’emploi n’existe pas.

  15. « Mon voisinage se complait dans la banalité, vivant dans la modestie inconsciente que leur confère leur intellect si mince. Tout est miteux, on arbore la camisole, la molle moustache pleine de graines et le pad. »

    Mis à part un regard critique, cynique, narcissique … en quoi diffères-tu?? À moins que tu ne te complaise dans l’assurance de ton propre échec unilatéral, je crois que tu as une ou deux choses à apprendre de ces gens au gym qui prennent des notes et visent des objectifs.

  16. « la moins pire des solutions ». Tu trouves les gens autour de toi limités mais tu te limites à 2 (« pire ») solutions. hum.

  17. Sors de chez vous et va aider les kids en détresse de ton quartier, ça va peut-être aider ET faire en sorte que les prochaines générations seront moins insipides et/ou vides de toutes substances.C’est hyper valorisant en plus.
    Je dis ça de même …Si l’envie folle de bénévolat te pognait, laisse le moi savoir …

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :