Les amoureux

Oops I’m dead. À l’intérieur. Vraiment. C’est une de mes majeures constatations depuis que j’écris ici. Je suis conscient que j’ai sans doute un point de vue plus sombre que la moyenne, un regard plus critique, des observations plus acerbes. Mais je réalise de plus en plus que je crois ne pas être doté d’une habileté qui semble commune : celle de ressentir.

On parle d’amour alors que je parle de sexe. Il y a un fort courant de pensée qui semble croire qu’une attirance quelconque, qu’un lien mystique plutôt flou, que des sentiments (?) magnifient le sexe. On parle de relation à long terme, d’épanouissement personnel, d’union fusionnelle. J’aimerais être capable de ne pas en rire, sincèrement. Les gens semblent si heureux, j’aimerais souvent posséder cette propension à faire fi de la relativité des choses, me mettre à croire ces sornettes romantiques.

Mais il m’en est impossible. Je voudrais être frivole, ressentir la légèreté palpable qui semble être celle des amoureux, le poids qui m’incombe sur les épaules s’en trouverait surement diminué. Or je trouve tout cela très con, très mièvre, très hypocrite. Je n’arrive pas à me convaincre du contraire.

J’évolue donc en étant un peu misérable, conscient que certains possèdent des capacités que je n’ai pas, qu’ils savent des choses que j’ignore. La capacité d’aimer est-elle innée? La perd-t-on tranquillement sous le coup des atrocités de la vie? J’ai l’impression d’être face à une cruelle constatation, d’en être rendu à l’implacable constat de ma mort interne. Je suis un corps mort, froid de l’intérieur. Je n’ai pas reçu l’Extrême Onction, mon âme brûle quelque part en Enfer. Je suis damné.

C’est pourquoi je haïs les amoureux. Je les haïs d’être aussi sots et désinvoltes, aussi stupides et bonnasses. Je les haïs d’y croire et d’ainsi être aussi con. Je les haïs de ne pas avoir mal comme j’ai mal. Je les jalouse d’avoir ces sourires, ces regards complices et sopporifiquement lourds de sens. Je les jalouse de ne pas se poser les nombreuses questions qui me sont évidentes et obligatoires. Je les jalouse d’être heureux. Je les déteste car je les hais et les jalouse. Je les déteste car il ne me laisse pas indifférent.

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~ par oopsweredead sur juin 22, 2009.

19 Réponses to “Les amoureux”

  1. …l’amour, enfin ce qu’on croit être l’amour, ça dure un gros six mois. Après quoi, ça s’éfrite, çe meurt et on fini par se tapper sur les nerfs. Ce qui rend désinvolte, c’est la passion et, évidement, le cul.

  2. Ça me déprime un peu, tout ça. Surtout avec ce qui m’arrive ces jours-ci.

    Mais fuck off, je suis en vacances !!! 🙂

  3. Je pense que le véritable amour, celui dont tu parles, n’est pas donné à tout le monde en effet. Pour ma part, je peux sincèrement dire que je n’ai aimé vraiment un homme qu’une seule fois dans ma vie. Une relation qui a durée 7 ans. Et oui Bérusisstible, on peut aimer plus que 6 mois (tu confonds l’amour et le désir justement). Il est certain que l’amour n’est jamais stable: parfois il monte, d’autre fois plante en chute libre et ce par période et même parfois, dans la même journée. Durant ces 7 années, j’ai tour à tour adulé mon homme autant que haïs parfois. Un jour, nous nous sommes rendu à l’évidence que nos chemin prenaient des directions opposées, yep.
    Être amoureux, ce n’est pas pour les cyniques je crois, parce qu’il faut avoir en quelque part la foi en cette possibilité.
    Je te le souhaite quand même, cher Oups… ne serait-ce que pour une fois, faire l’envie d’un autre gars comme toi.

  4. Je peux t’assurer que j’ai LONGTEMPS pensé comme toi, que j’étais la pire commitmentphobic du monde aussi. Je ne croyais jamais tomber sur quelqu’un de bien, je me disais que ce qu’on voyait dans les films étaient des contes de fées et que la réalité était loin d’être ça… Tout comme je me disais aussi que le monde réel devait jouer une game autrement, je l’aurais trouvé aussi… Effectivement, jusqu’à ce que je le trouve.

    Quand je l’ai trouvé par contre, c’est quand j’ai décidé de m’ouvrir à ça. C’pas en restant fermé qu’on peut vivre quelque chose du genre. Le malheur attire le malheur, le bonheur attire le bonheur et ça, j’y crois parce qu’autant que je suis mega heureuse aujourd’hui, que le fond, j’y ai touché, goûté et ce, pas mal plus que j’aurais voulu, si on veut.

  5. Les fois où j’étais tellement morte en dedans qu’ils m’ont gelé la face de pilules de fou… j’ai toujours réussi à ressusciter. C’est une des choses que j’aime bien de la vie, à chaque pallier que tu atteint tu peux toujours aller plus haut ou plus bas. À nous les constatations éternelles.

  6. Ne plus ressentir, curieuse affirmation, ce billet est emplit de ressenti et de (re)sentiment.
    Ton rire de ces conneries me semble teinté de jaune, d’ailleurs tu le dis toi meme, ta difficulté à y etre indifférent te bouscule un peu.

    Je suis beaucoup plus vieux que toi, peu importe ton identité, j’en un idée avec tes sujets de préoccupation.
    Tu as lu sur l’attachement, John Bowlby en parle bien, c’est simple mais ca donne des pistes.
    Pour le froid qui brule c’est un peu etre ca grandir.
    L’illusion, un peu regressive et immature, elle est de croire que l’on se retrouvera bien en trouvant un autre. Ce n’est qu’un calorifère, tu me répondras qu’alors y faire? Je dirai, avant de chercher un autre, trouve toi et retourne au Gym.

  7. Moi je te dirais d’arrêter de te geler… de toute façon, à moyen terme, ça ne peut nuire.

    Ce que tu décris avec ton froid intérieur ressemble à la dépression. Mais je n’avance aucune hypothèse.

    Et j’ajouterais qu’en lisant probablement comme tu le fais, en « élargissant tes horizons »; ta lucidité est plus aiguisée que la « norme » (surtout des gens que tu côtoies, d’où ton ennui) sur certains aspects de la vie.

    Il m’est arrivé souvent de sombrer, et je crois que ce qui m’a aider à sourire (et à pleurer: ça fait du bien), était de me remettre dans ma peau d’enfant 😉

    Bonne chance Oops 😉

  8. Cet endroit me rappelle une toile qui trône encore dans ma chambre.
    Quand je l’ai achetée, je me souviens d’avoir dit à la conjointe de l’artiste : je ne l’achète pas parce que je l’aime, je ne l’achète pas parce que je la trouve belle, je l’achète parce qu’elle me dérange.
    Je reviendrai.

    l’esprit dérangé

  9. En tant qu’ex amoureuse-chronique, je confirme : l’Amour rend niais.

    D’abord les papillons, juste quelques battements de coeur avant les angoisses… Oh oui! Il y a les sourires, les regards mouillants et on se tient la main comme si on avait besoin de béquilles… Tu parles d’un épanouissement personnel!
    Et il y a aussi le « compromis » qui sous-entend que chacun se met volontairement en sourdine, étrange… se compromettre… la promesse du con?

    Et puis après (souvent), le nuage rose se dégonfle, l’envie de prendre le large revient avec tout ce que peu à peu tu avais oublié de toi, l’envie d’éclater comme une bulle de savon. Juste plop.
    On tombe amoureux sans raisons, pourquoi pas l’inverse? Quand tu habites trop longtemps dans les jolies charentaises de l’Amour, quand tu sombres dans une routine sans surprises, dans une vie entre parenthèses, c’est tellement bon quand ça s’arrête et que tu redécouvres qu’à marcher seul tu vas beaucoup plus loin! Pourquoi faudrait-il trouver une seule et unique personne avec qui tout partager? Pourquoi ne pas se laisser surprendre?

    Et puis il faut les regarder ces couples d' »amoureux » qui peuplent les rues. Entre ceux qui s’engluent le visage, ceux qui se disent des bisous-bisous au téléphone dans les bus surpeuplés, ceux qui se crachent à la face avec les mouflets au centre et ceux qui visiblement n’ont plus rien à se dire mais qui restent ensemble par habitude… Pas de quoi rêver. Finalement seul(e) c’est pas mal, non?
    Garde les yeux ouverts, il n’est pas nécessaire de pratiquer l’Amour comme chez Walt Disney, et si ton âme brûle en enfer, dis toi qu’elle prend de l’avance pour toi sur le plaisir (il parait qu’il fait chaud là bas!).
    Prend ton cynisme comme une chance car le pire dans tout ça c’est que c’est dur de s’en sortir… amoureuse-chronique je te dis… et ça me rend malade…

  10. @ Christine
    Tu dis ne pas avancer d’hypothèses tout en le faisant. C’est bizarre ce truc de dire en disant que l’on ne dit pas ce que l’on dit.

  11. It’s lonely at the top right ?

  12. Mister Oops, qu’est-ce qui te fait croire que les amoureux sont forcément heureux et ne se posent pas de questions ?

    Pour ma part, je me remets encore plus en question – et l’autre aussi, et tout le reste – quand je suis amoureuse. Je ne me décris pas comme Queen de l’In-between & amoureuse récidiviste pour rien. C’est plus challengeant d’être avec quelqu’un, pour moi, que d’être seule. On s’expose à des trucs terribles. Et merveilleux, aussi. C’est pour ça que j’y retourne toujours, même après m’être pété la gueule – et à presque trente ans, ça m’est quand même arrivé une couple de fois. Quand t’es en amour, souvent tu paies pour ensuite. J’ai la chienne totale, astheure. Mais j’ose. J’ose y croire comme la fée que je suis, le coeur tout squeezé et plein de crainte ce matin, mais amoureux.

    Amoureux pas comme ce que tu décris. Amoureux pas comme j’aurais rêvé.

    Amoureux comme c’est, pour moi, à ce moment de ma vie, avec lui.

  13. À un gars: chaque fois qu’on se parle c’est pour se bitcher ! C’est tout ce que tu retiens du billet ? C’est mince… Ça me fait penser à une dépression, moi, Christine, pas psychologue ni psychiatre, je n’ai pas la prétention de poser ce diagnostique, je le propose. Oops saura quoi en faire. Oui, au final, c’est une hypothèse. Je suis démasquée…

  14. @Christine…
    Toujours délicat de faire un message à un autre participant dans un blog qui n’est pas le notre. Mon message était un brin baveux et je m’en excuse. J’étais dans mon spécial baveux hier.

  15. J’accepte tes excuses. Sans rancune. Bah, je vais continuer de t’en vouloir encore une couple de jours là, mais j’oublierai vite !

  16. Cher Oops,

    c’est pas que je veux être plate, mais je pense que c’est dans ma nature! 😉 Ton billet pourrait être touchant, ou dérangeant, mais on lit et entend tellement ce genre de discours partout, pour moi le « déni de l’amour » (souvent dans le sens de relation) est devenu aussi cliché que les amoureux sur les bancs publics de Brassens.

    Ce qui ne veut pas dire que tu ne ressens pas toutes ces choses. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas de plaisir à te lire. Mais ce n’est sûrement pas si à contre-courant que ça…

  17. J’adore les sujets comme celui-là, universel et dont on ne fait jamais le tour complètement… 😉

    Il y a quelque chose de l’ordre de l’impalpable dans l’amour, qu’il se manifeste comme ‘sentiment’ ou comme ‘alchimie’, et parfois les deux… Impalpable, sans raison et même indécis.

    Ce que j’en sais, humblement, c’est que le plus difficile ce n’est pas tant d’aimer, mais plutôt de se laisser aimer…

  18. 97: Moi je vote pour que tu reviennes, ton image d’un quart de pouce carré me donne presqu’une érection.

  19. Presque?
    humm … puisque c’est demandé si gentiment, je reviendrai ^ ^

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