Connerie cybernétique

Si j’étais un de ces merdeux qui pullulent un peu partout sur la blogosphère, je commencerais en me confondant en excuses. « Mille excuses jeunes gens, milles excuses aux péquenauds sans hygiène et aux citadins soporifiques qui me lisent, mille excuses à vous qui m’aimez tant, qui êtes suspendu à mes lèvres, moi, être important parmi tous. » Ce serait porter là un trop grand respect à ma personne et aux gens banals qui s’égarent ici. Surtout, ce serait ajouter une couche de connerie sur la Toile déjà sursaturée.

C’est un peu le pourquoi j’ai délaissé un peu le world wide web  dernièrement : l’idiotie y est omniprésente.

Je lis beaucoup de forums, de blogs, de sites de nouvelles (oui oui). J’arpente youtube, myspace et Twitter. Partout, je lis des commentaires qui me sidèrent. Qui sont tous ces gens?

Qui sont ces crétins qui croient bon d’investir de leur temps pour souligner une faute d’orthographe? Qui sont ces demeurés qui salivent à l’idée de trouver une erreur factuelle dans un texte anodin de Patrick Lagacé? Qui sont ces insignifiants qui retournent constamment lire Richard Martineau pour déchirer leurs chemises? Qui sont ces moins que rien?

Qui sont ces extrémistes qui ne se cachent désormais plus? Qui sont ces illettrés qui obtiennent une tribune disproportionnelle? Qui sont ces trolls qui délaissent leur merde à tout vent?

Pourquoi, grâce à l’anonymat, devrait-on arrêter d’avoir honte d’être un trou de cul? Qui sont ces pollueurs, ces épandeurs de médiocrité? Comment vivent-ils dans la vie de tous les jours? Sont-ils les mal famées qui vivent pauvrement, ou les parvenus et leur connerie plus discrète? La stupidité est-elle universelle? Y a-t-il une classe qui puisse se réclamer du monopole de la crétinerie?

Bien sur, durant quelque temps où j’étais chérubin utopique, j’ai tenté de combattre les faussetés, l’étroitesse, l’archaïsme. Je répondais avec vigueur, entrain, un peu partout et sous une tonne de pseudonymes. Régulièrement, on m’ignorait. Je faisais figure d’invisible dans des débats d’extrême où les demi-teintes n’avaient guère lieu. La raison est inintéressante. C’est la folie et l’ultracisme qui excitent, il y a longtemps que les médias l’ont compris, eux qui sont toujours là à tendre le micro au moindre groupuscule insignifiant qui saurait s’épivarder durant quelques minutes. Des débilités lancées avec conviction, ça fait des bonnes clips pour commencer le 17 heures avec Pierre Bruneau.

Puis lentement, la fatalité m’a pénétré avec assurance, comme elle le fait toujours. L’inutilité de mes actions m’apparaissait de plus en plus claire, comme toujours. Souvent, après pareil cheminement, il ne reste que le dégoût. Le dégoût est le rejeton d’une utopie qui a maturé. On voit le monde tel qu’il est.

Et tout ça m’a rendu infiniment las. Bien que j’aime écrire ce que je pense ici, y narrer les quelques évènements marquants qui marquent ma vie toute puérile, j’avais plutôt l’impression de me souiller dans une mare de nigauderies brunâtres.

J’ai donc pris un peu de recul. Mais voilà que je décide de revenir ici. Parce que j’aime cela, certes, j’ai bien du plaisir à tapocher sur mon clavier une fois la nuit venue, mais aussi parce que ça aurait été d’abdiquer, d’abandonner un des seuls trucs que je fais assidument qui n’implique pas d’ingérer de la drogue. Et ça, ça compte.

Parce que mine de rien, j’ai l’impression qu’ici, dans ce blog merdeux, se trouvent sans doute quelques solutions latentes à mon mal-être. Qu’ici se trouve une possibilité d’évolution.

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~ par oopsweredead sur juillet 14, 2009.

16 Réponses to “Connerie cybernétique”

  1. Malheureusement, tout est relatif. Le web et les commentateux permettent de savoir ce qui se cache dans le profond de l’être. Les débats extrêmistes font voir le côté gauche et le côté droit de la médaille et à partir de là, j’estime qu’un commentaire que je peux considérer complètement stupide peut en rejoindre plus d’un.
    Qui sait? Peut-être certains de ces suiveux n’ont-ils pas d’autre option que l’interweb pour se faire écouter? Ces silencieux brîmés retenant leur rage de l’esclavage… Ou tout simplement ils sont habitués d’avoir raison et veulent élargir leur territoire de  »supériorité intellectuelle ». J’en sais trop rien, je sais même pas pourquoi j’aime ton texte, toi l’illustre inconnu.

  2. Voyez vous cher OOPS, moi c’est la télé qui me met dans cet état. Le web au moins, je peux choisir ce que je veux, faire mon tri, tirer la plog en deux secondes sans que le groupe me crie après … Et pour la possibilité d’évolution, il a effectivement ton spot, ici, où il fait bon lire, frissonner, rire et s’émouvoir.Lâche moi le recul veux-tu ?

  3. On a nos différences, mais là, encore une fois, je te rejoins totalement. Rien à ajouter.

    Amen.

  4. Perso, je ne m’attend pas à ce que le web soit mieux que la vie, n’est-ce pas des humains qui enfoncent les touches de leur clavier? Derrière un volant, derrière un bureau, devant n’importe quoi l’humain reste aussi con. Ces attentes décues, je ne les ai plus. Et je trouve particulièrement comique que le crétin c’est toujours les autres, le Eux un peu stupide et le Nous correct.
    Moi, je sais que fait aussi parti des crétins. Mais il est courant de lire des gens parler de la lourdeur pour expliquer leur absence ou pour annoncer leur intention de départ et de les voir revenir et repartir comme ca à répétition, comme certains couples le font.

  5. Sélectionne ce que tu lis?

  6. Je suis tout à fait d’accord avec toi.
    Mais que veux-tu des emmerdeurs il y en a partout; mais j’avoue que sur le web ils peuvent s’exprimer à souhait.
    Mais bon; quoi de mieux que de les ignorer et de les laisser s’exprimer dans le vide!

    Ne quitte surtout pas cet espace si il te fait du bien! 😉

  7. Comment tu as fait pour deviner que j’étais un péquenaud sans hygiène. Tu es fort, tu as su me deviner entre mes lignes. Tu insultes tes lecteurs qui ne peuvent être que des merdeux puisqu’ils en redemandent de ce blog de merde. Des porcs qui se vautrent dans la boue. Tu dis entretenir l’espoir d’y trouver des solutions à un mal-être qui se cacheraient sous cette épaisse couche de merde. Personnellement, je crois que mes mots, aussi beaux soient-ils (ils ne le sont pas), me laissent enlisé dans la merde jusqu’au genou. Surfer, bloguer, ne fait qu’anasthésier pour un moment une souffrance comme les drogues le font aussi. Une fuite, mais pourquoi pas? Sauf que c’est du surplace. C’est comme surfer sur une vague qui n’avance pas et ne permets pas de rejoindre la rive. Les solutions sont ailleurs. L’internet est un outil, il n’est pas un remède miracle et si il en était un, ses effets secondaires négatifs sont nombreux. Alors les blogs c’est du divertissement, un palliatif mais certainement une solution à quoi que soit.

  8. …certainement pas…

  9. L’écriture est un formidable outil pour la connaissance de soi. Et le blog inscrit la pratique de l’écriture dans un système, un cadre, dont on a parfois besoin de sortir, mais aussi, qui nous donne une certaine motivation, malgré tout. Et ce qui est vraiment bien, c’est la trace (les archives) qu’on garde de tout ça. Dans un an, en tombant par hasard sur ce texte, tu pourras mesurer la distance (qu’elle soit abstraite ou concrète) parcourue.

  10. Très pertinent V.
    Quant au propos du billet, mon opinion rejoint La Shirley. Finalement, quant aux autres, il me vient spontanément ces paroles de Rage against the machine: « Fuck you, I won’t do what you tell me! »…. pour le ton, pas nécessairement les paroles. 😉

  11. Bon retour Oops 🙂 Pis pour le reste, le fait de s’en contre-calisser demeure l’option que j’ai toujours primée

  12. C’est trash. C’est bon. Quelques jours seulement et déjà tu me manquais.

    Oui, encore…

    m’emplir les yeux de tes mots et la tête de ton monde.

  13. Tu vois, tu écris moins et les réponses s’essoufflent, tu n’écrirais plus et que ca ne ferait rien. Tu aurais deux ou trois messages de regret et ensuite tu trancherais ton baloney épais ou mince et le monde s’en foutrait. Ainsi va la vie. Je me fous que écrives ou pas. Je te lis si tu es là pis tu n’y serais pas que ca changerais rien.

  14. Shirley: Et en quoi tu ne peux pas faire le tri à la télévision?

    Gars: Moi je crois être supérieur ou vachement inférieur à la masse. Je sais assurément en être distinct sur plusieurs points, je fait le pari de croire que c’est pour le mieux.

    Sophia: J’ai une curiosité malsaine.

    V: C’est vrai que déjà là, je trouve franchement bien de pouvoir relire ce que j,ai vécu dans les derniers mois, ce que j’ai pensé et tout, c’est bien pour ça.

    Perséphone: Ah Rage against. Perso, ma pièce favorite c’est Sleep Now in the Fire.

    Gars: Comme si je ne me crissais pas de réactions potentielles de toute manière.

  15. Je considère qu’il y a trop de marde sur peu de postes,le choix est plus grand sur le net, donc plus de possibilités et un tri moins drastique. C’est perso hein, je la regarde prratiquement plus anyway …

  16. je découvre ce blog et je tombe sur cet article qui forcément m’interpelle et me plait 🙂
    bravo pour cette peinture de la triste réalité… mais comme dit Un gars, le net reflète la vraie vie…
    au plaisir de vous lire encore et encore… je vais continuer ma découverte de ce blog…

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