Le campeur

Le campeur moyen, celui qui arrive à la fin du printemps et s’incruste jusqu’au début de l’automne, le saisonnier, est rarement un humain de qualité, cela dit en tout respect, évidemment.

Rarement athlétique, peu chevelu, tout en ventre, les campeurs invétérés n’ont que faire de l’esthétisme et tous ces concepts résolument trop contemporains. La gestion capillaire et la musique que l’on retrouve dans des campings ont en commun qu’ils proviennent tous deux de la même époque, celle des beaux jours de Nana Mouskouri.

Le campeur saisonnier vit habituellement dans un wanabago beige. On reconnait les séniors de la merdicité campingnesque à la complexité de leur aménagement paysager. En effet, plusieurs trouvent la motivation nécessaire pour parfaire leurs entrées de multitudes de fleurs, dalles et autres cochonneries.

La journée typique de ces êtres trompant quotidiennement les prétentions de Darwin est des plus remplies. Levés en matinée, ils parcourent le Journal de Montréal en se gavant d’un déjeuner tout en gras. Après coup, ils végètent quelque peu, parlent de sujets anodins (lire tristement banaux) avec leurs comparses et voisins depuis des années. On se gargarise quotidiennement des mêmes anecdotes de moteurs de bateau qui calent, de Noël de campeurs et de la salope qui sert de progéniture au proprio de la place.

Le campeur moyen traine souvent ses enfants avec lui durant l’été. Trop occupé à boire sa Wildcat, il laisse ses kids circuler librement sur le camping où ils se feront immanquablement de nouveaux amis eux aussi orphelins circonstanciels because le breuvage du chat sauvage. C’est souvent lors de ces étés que ces enfants malchanceux vivront leurs premières expériences sexuelles, s’exhibant collectivement le pénis ou jouant à la bouteille.

La journée passe lentement pour ces piètres genses. Mais ils font comme s’ils ne s’en rendaient pas compte, répétant inlassablement « kon é tu ben dans la nature hein tabarnac? ». Une fois le souper venu, il faut absolument qu’ils cuisinent sur le BBQ. Ils font cuire leurs sacrament de salades sur le barbecue. Puis ils écoutent Sucré Salé en riant grassement, satisfait de la journée remplie qu’ils ont passée.

Le soir, ils jouent aux cartes tandis que leurs gamins de 14 ans se saoulent avec de l’alcool volé sans vergogne se crossant mutuellement dans la noirceur convenue de la salle de cinéma sentant le renfermé. Finalement, tous se coucheront, le sourire un peu niais et l’esprit béatement vide.

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~ par oopsweredead sur juillet 20, 2009.

4 Réponses to “Le campeur”

  1. Osti t’as choisi le kit tout inclus toi là!!!

    Pas capable 😕

  2. Je te lis depuis quelques semaines, et franchement tu me désapointes cher Oops.

    « Rarement athlétique, peu chevelu, tout en ventre, les campeurs invétérés n’ont que faire de l’esthétisme et tous ces concepts résolument trop contemporains. »

    J’ai 47 ans, bientot 48, et je suis très soucieux de mon apparence. Je pratique le camping depuis bientot 7 ans et je suis fier d’affirmer que c’est mon « Dada ». De me faire rédiculiser ainsi de la sorte par un jeune dévergondé m’enchante peu.

    Et qui es tu pour critiquer le grand Guy Jodoin? C’est un animateur hors-pair aimé des jeunes! J’aimerais bien te voir à sa place… tu ne tiendrais pas plus que 36 secondes et quart!

  3. animal1977, ne te sens pas visé si tu ne te reconnais pas dans le portrait! Il a bien dit « le campeur MOYEN »… Or, il y a des hors-normes =)

  4. OUI ! OUI ! OUI ! OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!

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