Premier réveil

•juillet 20, 2009 • Laisser un commentaire

J’ai fini de lire les 9 Stories de Salinger assez tôt hier et, fort satisfait et enivré d’un litre et demi de vin bon marché, je me suis rapidement assoupi malgré l’incessant contact déplaisant de la fermeture éclair de mon sac de couchage sur ma peau dénudée et offerte à la quantité de moustiques qui cohabitaient avec moi. Je m’en sors somme toute bien ce matin avec quelques piqures, la nuit réparatrice compensant pour le tout.

Levé assez tôt, j’en profite pour m’allumer un premier joint. En camping, c’est sans doute le meilleur moment de ma journée. Celui où, encore emmitouflé dans mon sleeping bag pour me protégé de l’air frisquet matinal, les cheveux épars et la bouche pâteuse, j’aspire mon premier pécaud. Il y a une telle sérénité qui se détache de ces moments, le genre de paix qui te fait oublier de te branler.

Je me rince ensuite la bouche avec une Moosehead, mets mes vieilles espadrilles de cross country et me lance pour un jogging matinal. J’arpente les tortueux sentiers du camping aux pas légers de course, découvre un peu mieux mon lieu de villégiature à la lumière du jour et salue les gens levés avec un enthousiasme exagéré. Les gens m’aimeront.

Le camping est assez vaste. Si les terrains pour tentes sont juchés sur un petit mont rocailleux et surplombent le camping, les roulottes sont quant à elles nombreuses et toutes alignées de sorte que des sentiers organisés sont emménagés et mènent tous au lac. Il y a aussi une agglomération campignesque classique où se retrouve la totalité des trucs collectifs : jeux, salles de cinéma, location de pédalo, café internet, casse-croûte.

Après 30 minutes de trottinement ludique parmi la cité de wanabago qui s’éveille tranquillement, je termine ma route sur le bord du lac où je retire mes vêtements pour ne garder que mes boxers et je plonge à l’eau malgré les indications contraires du panneau de règlements. L’eau est fraiche et galvanisante, je fais quelques brasses et ressors, pour ensuite aller prendre une petite douche matinale à grands coups de 25 cents dans le ça pue. De retour à ma tente, j’allume mon second joint de la journée, décide de laisser les speeds de côté et me fais cuire deux œufs. Je viens ensuite lire mes classiques Cyberpresse, Ny Times, Figaro et Poems.com.

Bien vite, j’irai découvrir la faune qui sévit ici, la journée semble infiniment prometteuse.

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Camping, prise de possession des lieux

•juillet 19, 2009 • 2 commentaires

Je suis officiellement installé, la tente était plutôt simple à monter, mon emplacement est fort bien, je suis entouré d’arbres, j’ai un plafond naturel de branches et de feuillages, je me suis procuré quantité de bois afin d’entretenir un feu quasi continument. J’ai rencontré quelques personnes de la place, ça me semble bien.

Je me présente comme Michael, jeune écrivain dans la mi-vingtaine, comme ça, parce que c’est drôle. J’avais fait un truc similaire l’an dernier tandis que j’étais Samuel, un jeune délinquant reconverti à la religion catholique. Je suis bien en vacance, dans la nature, je parle aux gens, je suis gelé et volubile, un vrai gamin. Je crée des liens, je me ris des gens intérieurement. J’ai bien hâte de voir ce que la semaine me réserve.

Le café internet est plutôt bien. J’avais peur de tomber sur une salle louche avec un seul ordinateur, un genre de Pentium 60 mHz, avec le petit chiffre écrit sur la boîte et un bouton turbo qui fait doubler le 60 en 120, pour le grand plaisir de jeunesses ahuries et ébahies. Il n’en est rien, le tout est plutôt bien. Je passerai donc surement quelque temps ici durant mon séjour, je suis un écrivain dans la mi-vingtaine après tout.

Je m’en retourne donc à ma tente, je prévois lire un premier bouquin avant de m’abandonner aux bras de Morphée. Je lirai donc tard, illuminé par la lumière d’une vieille lampe turquoise achetée chez Emmaüs live hier, je me trouve fort chic. Demain, je fais le tour de la populace, sentez-vous l’excitation?

Camping, le départ

•juillet 19, 2009 • 3 commentaires

Je pars en camping, profitant ainsi de la première moitié de mes douces vacances ô tant méritées. La semaine dernière durant, j’ai arpenté les internets à la recherche d’un havre digne de ce nom où je pourrais piquer une tente (et peut-être piquer une tante, qui sait?) et profiter quelques moments de cette vie qui autrement s’égraine sans que l’on ne le réalise.

J’ai finalement trouvé un petit spot tout coquet. Les arbres sont nombreux (c’était mon premier critère, car il n’y a rien de pire que ces plaines moches où l’on invite les campeurs à se parker), il y a un lac qui semble hygiénique (denrée rare), des jeux de mississipi, de poches, de fers à cheval, un café internet, des projections de films lorsqu’il pleut, un p’tit dep à l’entrée, je sens que j’y serai bien.

J’ai fait ma réservation jeudi, je vais google mapper ça tout à l’heure, je suis fébrile comme le pauvre Québécois moyen devant un film de Michel Côté et Louis-José Houde (sincèrement, what’s up with that TABARNAC?). Je ne possède pas de tente, j’ai emprunté celle de Mad Robbie à la job, j’espère ne pas trop la souiller. Je me suis acheté quantité de bières et j’ai tenté d’évaluer ma consommation hebdomadaire de drogue pour amener les provisions nécessaires à mon bien-être. Ce ne fut pas mince tâche et le fruit de mes calculs m’a semblé un peu effarant, faudrait peut-être que je réduise à mon retour. Mais pour l’instant, j’en ai amené plus que moins, qui sait, je réussirai peut-être à traîner quelques babyboomers à wanabago encore plus gros que l’ego dans le vice.

J’ai une cargaison de livres, du linge tout propre, il fait bon vivre. J’ai fait un ménage de mon appart’ en fin de semaine pour trouver tout le stock dont j’avais besoin pour ma semaine dans la nature, disons que ça fait du bien et que de savoir que je retrouverai mon logement nickel à mon retour m’encourage. La dichotomie entre la propreté des lieux et l’état crasse conclusion de ma débauche prochaine sera sans doute saisissante. I’m all for the dichotomy.

Ce sera sans doute ma première semaine sans sexe depuis fort longtemps. J’ai hâte de voir comment je vais gérer la chose. Disons qu’un éloignement de ma Fuck Friend pourrait être bénéfique, j’ai toujours peur qu’elle s’attache. Les liens interpersonnels, c’est les pruneaux de la vie, ça fait chier. Ce sera aussi une semaine sans porn, seule mon imagination devra servir de carburant à mon poignet et son activité qui pourrait atteindre des sommets dans mon ère post-puberté.

Je quitte donc, je stoppe d’écrire ce post, je me sens soporifique lorsque je suis joyeux de la sorte. Il y a un café internet, j’espère pouvoir relaxer un peu en me tenant up to date sur la planète et en m’épivardant un peu ici sur ma semaine. J’espère aussi que ce ne sera pas du calisse de 56k qui fait un vacarme indécent en se connectant et qui prend 802 vies à loader un .jpeg. (Finir une phrase avec .jpeg, ça fait deux points rapprochés et weird, c’est louche. Finir un texte ainsi, c’est encore plus twilight. Fuck les vampires emos)

Kiss

•juillet 17, 2009 • 9 commentaires

C’était soir de débauche dans tout Quebec City en ce 16 juillet. En effet, KISS et son armée envahissaient la Vieille Capitale, invasion qui se voudrait toute en pyrotechnie, en kits de sado maso et en talons hauts.

Une large foule s’était déjà massée très tôt sur les plaines où j’avais moins même filé directement après mon chiffre à l’épicerie. Dans une ville où on adule autant les vieilles stars déchues et bedonnantes de l’antique heavy pop rock, c’était évident que l’attroupement serait massif.

Après une performance plus que molle de Blue October qui n’a fait que passer, la foule était anxieuse d’enfin voir arriver les hommes maquillés du rock. L’ambiance est festive, je suis seul, un peu à l’écart, j’observe la masse grouillante en me gavant d’amphétamines comme s’il s’agissait de bonbons et m’allumant de botch de joints en botch de cigarettes. Les gens sont costumés et joyeux, l’air est électrisé, tous ont hâte.

Je m’imagine les quatre vieux en backstage, en train d’enfiler leurs trucs, de se faire crémer la face et de mettre de côté leur virilité. J’imagine le lien qui doit être fort, celui qui unit un quatuor de mec qui savent pertinemment qu’ils sont ridicules et minables dans leurs accoutrements, mais qu’ils vont devenir des bêtes de scènes dans quelques instants. La complicité doit être incroyable.

Finalement, on hisse une bannière à l’effigie du groupe et des premières notes stridentes scindent l’atmosphère chargée à bloc. Les gens s’époumonent à crier, obnubilés par des vieux croulants pleins de make-up. Je suis fasciné tout en étant porté par le rythme du batteur qui martèle ses peaux avec une ferveur toute féline.

Je suis vraiment high, je laisse la musique me pénétrer par ondes, tressaillant aux moindres trémolos de la guitare. Les gars du band enchainent les signature moves avec aplomb, Gene liche son manche en se sortant son immense langue, le chanteur a une posture totalement efféminée pour jouer de sa guit et les trois gars à l’avant-scène coordonnent leurs mouvements fréquemment.

Je me suis trouvé une petite butte et j’ai l’impression de surplomber la multitude. Tout ça me procure un sentiment d’omniscience, c’est franchement grisant. Je deviens donc scrutateur, emmitouflé que je suis dans mes vapes.

Le chanteur s’adresse à la foule, ses interventions sont de toutes évidences scriptées mais sont diablement efficaces. Le frontman maitrise étonnamment l’assistance, l’emmenant dans les zones qu’il désire.

Pour un spectacle bien réussi, il faut que le leader nomme constamment la ville. (How are you Quebec City? Eady to rock Quebec City? Queeeeeeebec City!!!) À chaque fois, la foule se met à crier avec vigueur. Chaque personne semble motivée à faire en sorte que le groupe se souvienne de sa visite dans sa ville, chaque spectateur se sent investi d’une mission : tenter de faire passer la soirée à la pérennité. Or le chanteur, qu’est-ce qu’il en a à calisser qu’à Québec, à Montréal ou partout ailleurs dans le monde, ça criait bien fort? Inévitablement, à la fin du spectacle, le groupe dira qu’il s’agit là d’une des belles foules qu’ils aient vu EVER, donnant aux spectateurs niais et motivés ce qu’ils voulaient et tout le monde sera content.

KISS enfile toune obscure après toune obscure. Honnêtement, mis à part une ou deux pièces que je ne reconnais que vaguement, l’entièreté de leur matériel m’est inconnue. Et franchement, je crois qu’il s’agit de la même chose pour quasi tout le monde et moi, je suis déçu. Je ne dois pas être le seul et pourtant, à chaque fois que le chanteur demande How’re doin’ Quebbbbec Cityyy?, la nuée de gens s’égosille.

Je me demande comment se sentent ces quadra-quinta-en-tout-cas-ces-croulants-là en faisant face à une foule de 80 000. Auraient-ils vraiment crus en mettant ses costumes là pour un genre de t’es pas game il y a quarante ans, il deviendrait prisonnier de ces accoutrements et ferait encore les pitres du rock en 2009? La mascarade est immense, j’ai l’impression d’être le seul à saisir l’ampleur de cette dernière.

S’ils sont prisonniers de ses costumes, c’est aussi eux qui leurs permettent  de durer aussi longtemps, ironiquement. En effet, ils ne se démodent guère, leur vieillesse est bien plus subtile car leurs vêtements ne s’inscrivent pas comme typique à aucune époque.

Après un départ franchement lent, une quantité impressionnante de solos un peu trop long mais originaux, le groupe enchaine ses hits monstres. Je me surprends même à chanter, seul, dans mon coin, galvanisé par le moment, définitivement high et joyeux.

Au final, je me couche heureux. Et demain, c’est ma dernière journée de travail, je tombe en congé pour deux semaines.

Boooom qu’ils disent.

Connerie cybernétique

•juillet 14, 2009 • 16 commentaires

Si j’étais un de ces merdeux qui pullulent un peu partout sur la blogosphère, je commencerais en me confondant en excuses. « Mille excuses jeunes gens, milles excuses aux péquenauds sans hygiène et aux citadins soporifiques qui me lisent, mille excuses à vous qui m’aimez tant, qui êtes suspendu à mes lèvres, moi, être important parmi tous. » Ce serait porter là un trop grand respect à ma personne et aux gens banals qui s’égarent ici. Surtout, ce serait ajouter une couche de connerie sur la Toile déjà sursaturée.

C’est un peu le pourquoi j’ai délaissé un peu le world wide web  dernièrement : l’idiotie y est omniprésente.

Je lis beaucoup de forums, de blogs, de sites de nouvelles (oui oui). J’arpente youtube, myspace et Twitter. Partout, je lis des commentaires qui me sidèrent. Qui sont tous ces gens?

Qui sont ces crétins qui croient bon d’investir de leur temps pour souligner une faute d’orthographe? Qui sont ces demeurés qui salivent à l’idée de trouver une erreur factuelle dans un texte anodin de Patrick Lagacé? Qui sont ces insignifiants qui retournent constamment lire Richard Martineau pour déchirer leurs chemises? Qui sont ces moins que rien?

Qui sont ces extrémistes qui ne se cachent désormais plus? Qui sont ces illettrés qui obtiennent une tribune disproportionnelle? Qui sont ces trolls qui délaissent leur merde à tout vent?

Pourquoi, grâce à l’anonymat, devrait-on arrêter d’avoir honte d’être un trou de cul? Qui sont ces pollueurs, ces épandeurs de médiocrité? Comment vivent-ils dans la vie de tous les jours? Sont-ils les mal famées qui vivent pauvrement, ou les parvenus et leur connerie plus discrète? La stupidité est-elle universelle? Y a-t-il une classe qui puisse se réclamer du monopole de la crétinerie?

Bien sur, durant quelque temps où j’étais chérubin utopique, j’ai tenté de combattre les faussetés, l’étroitesse, l’archaïsme. Je répondais avec vigueur, entrain, un peu partout et sous une tonne de pseudonymes. Régulièrement, on m’ignorait. Je faisais figure d’invisible dans des débats d’extrême où les demi-teintes n’avaient guère lieu. La raison est inintéressante. C’est la folie et l’ultracisme qui excitent, il y a longtemps que les médias l’ont compris, eux qui sont toujours là à tendre le micro au moindre groupuscule insignifiant qui saurait s’épivarder durant quelques minutes. Des débilités lancées avec conviction, ça fait des bonnes clips pour commencer le 17 heures avec Pierre Bruneau.

Puis lentement, la fatalité m’a pénétré avec assurance, comme elle le fait toujours. L’inutilité de mes actions m’apparaissait de plus en plus claire, comme toujours. Souvent, après pareil cheminement, il ne reste que le dégoût. Le dégoût est le rejeton d’une utopie qui a maturé. On voit le monde tel qu’il est.

Et tout ça m’a rendu infiniment las. Bien que j’aime écrire ce que je pense ici, y narrer les quelques évènements marquants qui marquent ma vie toute puérile, j’avais plutôt l’impression de me souiller dans une mare de nigauderies brunâtres.

J’ai donc pris un peu de recul. Mais voilà que je décide de revenir ici. Parce que j’aime cela, certes, j’ai bien du plaisir à tapocher sur mon clavier une fois la nuit venue, mais aussi parce que ça aurait été d’abdiquer, d’abandonner un des seuls trucs que je fais assidument qui n’implique pas d’ingérer de la drogue. Et ça, ça compte.

Parce que mine de rien, j’ai l’impression qu’ici, dans ce blog merdeux, se trouvent sans doute quelques solutions latentes à mon mal-être. Qu’ici se trouve une possibilité d’évolution.

Le mot juste

•juillet 7, 2009 • 15 commentaires

C’est jour de mush, c’est jour de mission, de quête. Les limites n’existent plus, really.

J’adore les mots, leurs nuances, leurs sonorités diverses et alléchantes, les infinies possibilités qu’ils offrent. Ils forment un univers tant vaste qu’extraordinaire où j’aime naviguer tranquillement, conscient qu’il s’agit là d’un de mes seuls refuges paisibles. C’est sans doute la raison pour laquelle j’aime bien essayer d’avoir le mot juste. Il ne s’agit cependant pas là d’une science exacte, on avance à tâtons, on s’adapte à nos interlocuteurs, on essaie constamment d’acquérir de nouveaux termes, c’est quasi stimulant.

C’est donc dans cet esprit que ce soir, je ressors ma fibre pédagogique et me lance dans un exercice forcément trop grand pour ma minimale motivation. Qu’à cela ne tienne, tentons ici de démystifier les diverses expressions servant à décrire l’action d’avoir un rapport sexuel. Car il faut se le dire, dans un monde où tout va si vite, où les dictionnaires sont anachronismes et où le savoir est relégué aux oubliettes, il fait bon d’offrir un peu à la masse grouillante de la culture distillée, de la connaissance à l’état pur.

Baiser : C’est le sexe dans son côté ludique et un peu juvénile. C’est la gestation frivole et résolument assumée de la jeunesse fringante.

Copuler : Le sexe d’un point de vue plutôt anthropologique. Si les gens baisent, le peuple quant à lui copule.

Défoncer : Exprime un objectif du belligérant masculin de faire pénétrer son phallus avec vigueur et profondeur dans la cavité de son choix. D’ordinaire, défoncer est synonyme d’un respect minimal pour les orifices visités.

Se dégraisser le salami : (Péjoratif) Désigne l’action de déverser son sperme dans une cavité vaginale dans le but précis et avoué de se soulager d’un besoin latent de coït, et ce, avec ou sans la mise au parfum de la partenaire sur ces objectifs.

S’envoyer en l’air : Moins courante, la locution désigne un rapport particulièrement récréatif avec un penchant aérobique. Fort malheureusement, au Québec, l’expression fut souillée par une utilisation très moche lors d’une campagne de pub de montgolfière.

Faire l’amour : Se dit du sexe moche dans lequel les participants affirment avoir des sentiments mutuels. Souvent, une connotation romantique toute mièvre y est accolée.

Fourrer : Avec une teneur un peu plus bestiale, fourrer, c’est le sexe avec grognements et coups de bassin frénétiques. C’est la jouissance viscérale, quasi intestinale, c’est l’intensité proprement physique.

Passer la nuit ensemble : Locution peu en vogue chez les jeunes, il s’agit souvent là de sous-entendre des rapports sexuels dans un contexte de retenue, en public.

Peter la cenne : Se dit du rapport anal où l’homme délie les sphincters de sa compagne du moment à l’aide de sa verge. Synonyme : Faire une livraison par la back door.

Pétrir la motte : Avoir un rapport avec une personne de forte taille et de physique abusivement malléable. Synonyme : Relâcher le cachalot.

Plonger les yeux fermés : Faire du sexe avec un ou une partenaire au visage ingrat, aux nombreuses imperfections et plaies pustuleuses.

Prêcher la parole du Seigneur : Rapport exploratoire entre un homme d’âge mûr et un garçonnet prépubère. Si le garçonnet s’avérait être une fillette, la locution dompter le poney serait alors de mise.

Procréer : C’est le sexe dans le but de la reproduction. Ironiquement, bien des gens qui procréent ne l’apprennent que quelques semaines plus tard.

Repeindre la caverne en blanc cassé : Avoir un rapport sexuel avec une femme qui n’a pas eu de visite depuis longtemps. Il s’agit d’offrir une nouvelle couche toute séminale à un antre défraichi.

Bien sûr, le tout est loin d’être exhaustif. Il est tard, mes capacités mentales se détériorent plus vite qu’une plote de pute, j’ai donc décidé de faire abstraction de divers classiques undergrounds tels que faire coulisser l’andouillette dans le cresson ou se tremper le pinceau. Mais voilà, je crois bien en toute humilité qu’une assise solide vient ici d’être bâtie pour les générations futures.

Survivre

•juillet 7, 2009 • 15 commentaires

Si j’ai peur de vieillir, les gens eux ont peur de mourir. Il n’y a qu’à voir l’obsession qu’ils en font, à voir combien ils sont prêts à s’investir pour la repousser quelques instants. Aujourd’hui, tout est pensé en fonction de la mort.

Il n’y a plus de telle chose que le plaisir. Aujourd’hui, le plaisir, on appelle ça une augmentation de risque de cancer. L’alcool est cancérigène, l’herbe aussi, la bouffe grasse, le thé trop chaud, le soleil. Puis il y a le reste aussi. La haute pression, le diabète, le SIDA, l’Alzheimer, l’arythmie cardiaque, les pierres aux reins, l’arthrite. Le sel, le sucre, le gras, les épices : les menaces impitoyables du quotidien.

La vie est cancérigène.

Le danger est omniprésent. Le plaisir, cet agent ubiquiste de la Mort, nous guette à chaque instant pour nous drainer dans la décadence et la souffrance éternelle. Les extrêmes sont létaux, il est convenu que quiconque souhaite survivre se doit de se tenir au bienséant tiède. Toute jouissance est désormais accompagnée d’arrière-pensées funestes.

Il y a un nouveau courant en marketing. On ne vend plus le produit, mais bien la survie, disent des publicistes tous blasés. Ainsi, on empoche une fortune sous prétexte que nos cigarettes sont plus douces, nos croustilles moins grasses, nos poissons pleins d’omega-3, mais sans mercure, you know, nos fruits sans pesticide, notre cannage avec 50 % moins de sel, notre liqueur sans calorie, notre jus sans sucre ajouté, notre pain sans agent de conservation. Ne vous en faites pas, tous nos produits sont sans saveur, vous ne craignez rien!

La vie est une maladie dont nous mourrons tous.

Et les gens aiment bien ça se dire qu’ils s’entretiennent. Combien de bonnes femmes lubrifient en s’entretenant mutuellement de leurs marches santé? Elles sont nombreuses, tout comme celles qui s’exhibent en se gavant burlesquement d’une tonne de produits naturels. Et ces hommes qui sont si joyeux d’aller marcher avec leur bouse canine? Les gens sont drogués au mieux-être commercial, ils se prostituent pour allonger de quelques minutes leurs existences qui ne sauraient être autres que vides de toute manière. On se goinfre de tofu et on se gargarise à l’eau minérale, c’est du grotesque consommé.

Et moi je suis là, à quasi m’allumer avec mes botchs, à boire régulièrement plus qu’il ne m’en faut, moi qui m’empiffre de fast-food et me drogue continuellement, on me regarde comme un fou, on me considère comme détraqué, un être condamné, un macabre lunatique. Moi qui me criss bien de ces préoccupations chimériques, ces saloperies de paumés lubriques, qui n’écoute pas les gens à la télé qui disent que c’est MAUVAIS, moi, je ne mériterais pas de vivre.

Je ne mérite pas ma vie car à leurs yeux je ne la chéris guère. Je suis un gaspilleur fou, un salopard qui fait fi d’un don immense. Parce que je ne m’efforce pas à la faire durer, la vie qui est mienne serait dilapidée. Mais ils ne comprennent pas. Ne comprennent pas qu’aveuglés comme ils le sont par leurs illusions, ils l’ont déjà perdu, leurs vies. Car moi j’ai tout saisi. Morts, nous le sommes tous depuis longtemps. Il est trop tard pour la survie.